
Bonjour et bonne année 2026. Notre site évolue de même que nos activités. Nous avons notamment renouvelé nos collaborations relatives à la sociologie des cultures d’entreprises et des identités professionnelles, en relation avec le monde de l’industrie. Nous avons aussi élaboré de nouveaux itinéraires patrimoniaux de visites en collaboration avec diverses associations, institutions et professionnels du tourisme. Ces itinéraires portent sur les thèmes de la villégiature touristique, de l’art et de l’artisanat, des jardins et des paysages et du patrimoine industriel. Nous poursuivons par ailleurs nos collaborations euro-méditerranéennes, avec divers jardins botaniques et instituts de recherche, autour de thèmes qui touchent à la fois au patrimoine et à l’écologie. Si nos initiatives vous intéressent, vous pouvez nous joindre sur notre page d’accueil: bioarchive.listephoenix
NOUVELLES MENACES : Actualités de la lutte intégrée (IPM) en Amérique du Sud. La région des Caraïbes a vu récemment l’introduction du charançon rouge du palmier (Red Palm Weevil) sur l’île franco-néerlandaise de Saint Martin et au Mexique où les dégâts sont spectaculaires. Le ravageur est par ailleurs présent depuis 2022 en Uruguay d’où sa progression s’est poursuivie en Argentine. Nous nous sommes rendus en 2024 sur l’île de Saint Martin, où nous avons pris contact avec les acteurs de la lutte. Le compte-rendu de notre visite est en ligne ici Le Brésil est désormais concerné lui aussi avec la possibilité de diversification des cibles du ravageur en direction de la riche biodiversité palmicole du pays. Lire l’article de Gerardo Grinvald (director Equitec Control SAS. Uruguay)

Le Dies palmarum en Egypte. Photographie de Naguy El Raheb
DIES PALMARUM ET SOUKKHOT : Mise à jour de nos articles relatifs aux fêtes juives et chrétiennes des palmiers. Les plantes occupent une place importante dans les textes bibliques et parmi elles le palmier-dattier (Phoenix dactylifera) qui fait partie des fêtes traditionnelles juives et chrétiennes.
La fête juive de Soukkhot s’apparente à des coutumes agro-pastorales dont la cabane au toit de palmes, la soukka, offre une illustration emblématique. Représentant l’abri traditionnel des bergers, elle doit être édifiée en plein air, balcon, jardin, cour ou terrasse. Le toit doit à la fois donner de l’ombre, mais aussi laisser voir les étoiles et passer la pluie. Il doit être couvert de végétaux, les palmes étant privilégiées lorsqu’elles sont disponibles. On va s’y réunir durant toute la semaine à l’heure du repas. Il arrive aussi qu’on y dorme, dans l’esprit de la tradition, car cette coutume passe pour la commémoration de l’exode qui chassa les juifs d’Égypte. Pendant les prières et les offices de la semaine des Cabanes, on présente par ailleurs un bouquet composé de palmes (loulavim), de rameaux de saule (hassidim) et de myrte (aravot) regroupées dans un étui en palmes tressées en direction des quatre points cardinaux, la terre et le ciel. On les processionne aussi autour de l’autel de la synagogue. Une dernière procession vient clore ces fêtes, avec les cérémonies de Hosha’ana Rabba. Ce bouquet rituel est accompagné d’un agrume, le cédrat (citrus medica). Sa présence atteste d’une introduction précoce des agrumes de l’Asie vers l’Europe qui pourrait être à l’origine de la domestication et de la diversification des agrumes. Lien
Le Dies Palmarum (Office des Palmes ou Dimanche des Rameaux) remonte à la mention dans les Évangiles de l’entrée du Christ à Jérusalem. Il est célébré depuis le 4ème siècle à Jérusalem et en Egypte par les églises chrétiennes. L’introduction de l’imagerie du palmier en Occident, où cet arbre était alors inconnu, remonte à l’époque où le monachisme et l’érémitisme se développèrent dans les déserts et les oasis du Moyen-Orient. Les palmiers, qui participaient du quotidien des moines, étaient en effet largement représentés dans les monastères. Ces mêmes monastères allaient être par la suite à l’origine de évangélisation de l’Europe, avec notamment l’installation d‘ermites orientaux sur la côte ligure, Sant’Ampelio à Bordighera et surtout Saint Honorat à Cannes, sur l’île de Lérins dont le rayonnement s’étendra jusqu’à l’Irlande. Les légendes relatives aux moines de Lérins et de Bordighera font explicitement allusion à la présence du palmier, qui devient vite incontournable dans l’iconographie chrétienne en Occident. On le retrouve dés lors dans l’architecture des églises et dans leur décoration, en tant qu’attribut des saints orientaux mais aussi des martyrs chrétiens. Le palmier va ainsi posséder dans l’Occident chrétien une connotation hautement exotique, celle d’un emblème de la Terre Sainte. Elle ressort plus particulièrement de la célébration du Dimanche des Palmes, le Dies Palmarum, qui inaugure la Semaine Sainte. Les moines et les moniales lui donneront une dimension de catéchisme populaire avec la diffusion de la tradition des feuilles de palmes tressées qui s’étend de nos jours à l’ensemble du monde chrétien. Mais au-delà de l’imagerie exotique et/ou religieuse, l’histoire du Dies Palmarum est aussi celle de l’introduction et de la diffusion d’une plante, avec la fondation des deux palmeraies médiévales d’Elche en Espagne et de Bordighera en Italie. Lien
Conférence « Le cédratier (citrus medica) & l’histoire des agrumes en méditerranée » par Robert Castellana. Lien
Conférence : « Les œuvres en palmes tressées dans les liturgies méditerranéennes » animée par Robert Castellana, ethnologue – Musée Archéologique de Mariana _Prince Rainier III de Monaco – Lucciana. Lien