Hybridation

Hybrid Phoenix roebelenii x dactylifera PeruPhoto et commentaire Jean Christophe Pintaud (IRD). "Dans les villes d'Amérique du sud, les espèces de Phoenix les plus communes sont P. roebelenii, P. canariensis et P. dactylifera. Il en résulte de curieux hybrides entre l'espèce naine P. roebelenii et les deux autres espèces de grand développement. Des hybrides entre P. canariensis et P. roebelenii ont été indentifiés à Medellin et Lima. Cette photo représente la première évidence d'un hybride P. roebelenii x dactylifera, d'après la morphologie (à confirmer par génotypage), dans le jardin public Yitzhak Rabin de Miraflores à Lima (Pérou)."

Le genre Phoenix est constitué de 14 espèces, distribuées à travers l’Afrique, le Sud de l’Europe, le Moyen-Orient, et l’Asie. Ces espèces étant susceptibles de se polliniser mutuellement, des hybrides peuvent apparaître dans les zones de contact. La connaissance de la dynamique de l’hybridation est donc essentielle pour comprendre l’histoire et l’avenir du genre. L'intervention humaine joue un rôle important dans ce processus, qui fait l’objet des recherches présentées ici, en collaboration avec divers instituts.
 
En savoir plus: d'autres informations sur l'hybridation se trouvent dans notre page web consacrée à la distribution du genre Phoenix. A Oman, on a ainsi pu caractériser génétiquement des variétés de dattier qui proviennent d’hybridation avec Phoenix sylvestris résultant de l’importation de pollen de Phoenix sylvestris d’Inde. A Djibouti, on a par contre observé une situation de sympatrie naturelle entre Phoenix reclinata et P. caespitosa, sans intervention humaine. Les relations entre Phoenix sylvestris et P. dactylifera ont également été étudiées dans une zone de contact entre les deux espèces au nord-ouest de l’Inde, ainsi que dans la vallée de l’Indus au Pakistan. Link: listephoenix.distribution

RIVIERA

Hybrid Dactylifera x canariensis Bordighera)Photo d’un palmier hybride dactylifera x canariensis (Bordighera-Italie)
La capacité d'hybridation interspécifique se manifeste tout particulièrement dans les cultures ornementales, où plusieurs espèces sont mises en présence et ensuite multipliées sur place. Au bout de quelques générations, une diversité nouvelle finit par s’organiser, d’où émergent des phénotypes hybrides propres à chaque lieu de culture. Une récente publication, accessible ci-dessous, vient de faire le point sur les méthodes expérimentées, les données recueillies à ce jour et les perspectives de recherches futures. Elle a été conduite sur le site italien de Bordighera/ San Remo. Cette région est en effet un site d'acclimatation historique, marqué en particulier par les premières introductions in situ de Phoenix dactylifera (Moyen-Orient), P. canariensis (Iles Canaries), P. sylvestris (Inde) et P. reclinata (Afrique).
 
Lire l’article
BOURGUET S. 2013. Dynamique de l’hybridation dans le genre Phoenix sur la Riviera italienne: caractérisation génétique et phénotypique. Université de Montpellier, juin 2013, Master Biologie des Plantes et des Micro-organismes, Biotechnologies, Bioprocédés. Link: listephoenix.com

 

SPIR

Spectromètre portableIll. Exemple de spectromètre portable utilisé en démarche qualité dans l'industrie
Diverses études consacrées aux palmiers ont été menées depuis plusieurs années dans la région de Bordighera et San Remo, 2 villes situées sur la Riviera italienne. De nombreux hybrides, de grande valeur ornementale, ont ainsi été recensés dans les espaces verts de ces communes, où plusieurs espèces du genre se trouvent en proximité. Le climat favorable de la zone a en effet permis l’introduction d’une grande diversité d’espèces de palmiers, qui caractérisent aujourd’hui le paysage en lui donnant une apparence très exotique. Les recherches menées dans ces régions, ont notamment pemis de mettre en œuvre un outil de caractérisation alternatif au génotypage. Il repose sur les techniques de la Spectrométrie dans le Proche Infra Rouge (SPIR).

Lire  l'article
BIDEL F. 2010. Développement d’un outil de phénotypage intra et interspécifique dans le genre Phoenix (Arecaceae) par spectrométrie proche infrarouge (SPIR) sur échantillons de poudres de feuilles. Institut Universitaire de Technologie de Caen – Département Génie Biologique. Link: BIDEL 2010 SPIR
 
Gallerie: Spectrométrie Proche Infra Rouge

 

BIBLIOGRAPHIE

BUSH C.S. 1973. The Palm Butia Capitata X Arecastrum Romanzoffianum. In: Florida State Horticultural Society, 1973: 470-473. Link: www.fshs.org
HODEL D.R. 2011. Hybrids in the Genus Syagrus. In: PALMS 55(3): 141–154. Link: www.palms.org
HODEL D.R. 2011. A New Nothospecies and Two Cultivars for the Hybrids in Cultivation between Butia odorata and Jubaea chilensis. In: PALMS Vol. 55(2) : 62–71 2011. Link: www.palms.org
HORMAZA P., FUQUEN E.M., ROMERO H.M. 2012. Phenology of the oil palm interspecific hybridElaeis oleifera × Elaeis guineensis. In: Sci. agric. (Piracicaba, Braz.) vol.69 no.4. Link: www.scielo.br
GOLDMAN, KLOOSTER, GRIFFITH, FAY, CHASE 2011. A preliminary evaluation of the ancestry of a putative Sabal hybrid (Arecaceae Coryphoideae), and the description of a new nothospecies, Sabal × brazoriensis. In: Phytotaxa 27  © 2011 Magnolia Press pp.1-18. Link: www.mapress.com
GONZALEZ-PEREZ M.A., SOSA P.A. 2009. Hybridization and Introgression Between the Endemic Phoenix canariensis and the Introduced P. dactylifera in the Canary Islands. In: The Open Forest Science Journal, 2009, 2, 78-85 Link: www.benthamscience.com
GONZALEZ-PEREZ M.A., CAUJAPE-CASTELLS J., SOSA P.A. 2004. cwith Random Amplified Polymorphic DNA (RAPD) markers. In: Plant Syst. Evol. 247: 165–175 (2004). Link: researchagte.net
THOMAS, NG, CHAN 1970. Phyllotaxis in the Oil Palm Application in Selection of Interspecific  Hybrids. In: Ann. Bot.  34,  1025-35. Link: openagricola.nal.usda.gov

 

ICONOGRAPHIE

Les palmiers hybrides : une génération à venir de plantes paysagères?
Les palmiers hybrides peuvent détenir une fonctionnalité appelée hétérosis, soit la tendance d'un organisme métissé à posséder des qualités supérieures à celles de ses géniteurs. Il existe 2 types généraux de palmiers hybrides: inter générique et interspécifique, et au sein de ces hybrides 3 types qualifiés de F1, F2 et Back Crossing.
* Les hybrides intergénériques proviennent du croisement de deux parents d'un genre botanique différent. Wodyetia bifurcata a pu par exemple être croisé avec Veitchia arecina. Pour que 2 palmiers de genres différents puissent s’hybrider, les deux parents doivent toutefois avoir un nombre de chromosomes similaires au sein de leur ADN.
* Les hybrides interspécifiques proviennent du croisement de deux parents d'un même genre botanique. Dypsis leptocheilos a pu par exemple être croisé avec Dypsis decaryi. Du fait que deux palmiers sont du même genre (ici Dypsis et Dypsis), ils possèdent en effet un nombre de chromosomes similaires nécessaire à leur hybridation.
* Les hybrides de type F1. Lorsqu’un palmier est pollinisé par un palmier d’une autre espèce, et que la graine germe et se développe, ce palmier est qualifié d’hybride F1.
* Les hybrides de type F2. Lorsqu’un hybride F1 grandit et atteint la maturité sexuelle, il peut produire une graine susceptible de germer. Elle donne alors naissance à un hybride qualifié de F2. En résumé, l’hybridation donne le jour à une nouvelle lignée.
* Les hybrides de type Back Cross. On classe dans cette catégorie un palmier hybride pollinisé par un palmier d’une autre espèce, soit naturellement, soit artificiellement.
En savoir plus : seabreezenurseries.com
 
Hybrid Phoenix reclinata x caespitosa DjiboutiHybrid Phoenix reclinata x caespitosa Djibouti
Phoenix reclinata et P. caespitosa ont été systématiquement trouvés en association étroite à Djibouti, sur tous les sites visités de la région de Bankoualé, dans l’intérieur du pays, vers 600-900 m d’altitude. Les hybrides spontanés Phoenix reclinata X caespitosa présentent un réel intérêt ornemental, alliant une taille modérée avec un feuillage fin et gracieux, légèrement glaucescent. Bien que la période de floraison des deux espèces soit sensiblement décalée, elles s’hybrident manifestement. Cet exemple est particulièrement intéressant pour comprendre l’évolution du genre Phoenix, car il montre que des espèces peuvent s’hybrider à l’état naturel, et pas seulement à la suite d’une mise en contact par l’entremise de l’homme.
 

Hybrid Mule palm x Butiagrus nabonnandii FloridaLes précurseurs
Le palmier dit Mule Palm (en référence aux croisements de l’âne et du cheval qui a donné naissance au mulet), résulte du croisement de Butia capitata et de Syagrus romanzoffiania. Il s’agit d’un hybride stérile (d'où son surnom de Mule palm), produit par Paul Nabonnand au tournant du 20e siècle, sur la Côte d’Azur. Parmi les rares spécimens de cet hybride historique, plusieurs ont été exportés aux Etats-Unis où ils sont largement cultivés et diffusés.
 
 
Hybrid (Phoenix canariensis × Phoenix reclinata Jacq.) × Phoenix roebeleniiPhoenix × nabonnandii P. Nabonnand
(Phoenix canariensis Chab. × Phoenix reclinata Jacq.) × Phoenix roebelenii O’Brien
Il s’agit de l’un des premiers palmiers hybrides. Comme le Mule palm (ou Butyagrus), il a été créé par Paul Nabonnand en deux temps, entre la fin du 19°siècle (Phoenix canariensis Chab. × Phoenix reclinata Jacq.) et le début du 20° siècle (× Phoenix roebelenii) dans sa pépinière de la Côte d’Azur. Illustration extraite de TOURNAY F. 2009. Nabonnand’s Palms. In: PALMS Vol. 53(3).
 
 
Butia capitata x Cocos nucifera
If this hybrid is confirmed, it will be the first time in history the Coconut Palm has been crossed with another genus (Butia). 
 
Butia x parajubaea cocoides
 
Phoenix roebellini x Phoenix rupicola

 
 

 

Print Friendly