Dies Palmarum

Coptic Egypt Saint Onophrios iconeEgypte : le saint ermite Onophrios représenté dans une icone copte.

Le palmier-dattier est présent dans les sources orientales les plus anciennes du christianisme. Les principaux rites orientaux, byzantin, arménien, syrien, maronite, éthiopien, chaldéen ou copte sont en effet issus de l’essor du monachisme et de l’érémitisme dans les déserts du Moyen-Orient. Les palmiers participent ainsi de la vie quotidienne des moines d’Orient, figurant à ce titre dans l’ornementation des cellules des monastères. Ces monastères sont à l’origine de l’Evangélisation de l’Europe, notamment avec l’installation d‘ermites orientaux sur la côte ligure, Sant’Ampelio à Bordighera et surtout Saint Honorat à Cannes, sur l’île de Lérins dont le rayonnement s'étendra jusqu'à l'Irlande. Les légendes relatives aux moines de Lérins et de Bordighera font explicitement allusion à la présence du palmier, qui devient vite incontournable dans l’iconographie chrétienne. On le retrouve dés lors de l’architecture des églises à leur décoration, principalement en tant qu’attribut des martyrs chrétiens et des saints orientaux. Le palmier possède de ce point de vue une dimension hautement exotique, celle d’un emblème de la Terre Sainte. Cette dimension symbolique relève aussi de la diffusion du palmier dattier, en Italie et en Espagne, dans le contexte de la célébration du Dimanche des Palmes, le Dies Palmarum, qui inaugure la Semaine Sainte.

EVANGILES

L’Entrée du Christ à Jérusalem est rapportée dans des termes voisins par les 4 Evangiles, dont voici les principaux extraits.
 
Jean XII, 12-13
Le lendemain, une foule nombreuse, qui était venu pour la fête, ayant appris que Jésus venait à Jérusalem, prit des branches de palmier, et alla au-devant de Lui, en criant: Hosanna! Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur, le Roi d'Israël!
 
Luc XIX, 28-36
Jésus marchait en avant de ses disciples pour monter à Jérusalem. À l'approche du mont des Oliviers, il envoya deux disciples : «Allez au village qui est en face. À l'entrée, vous trouverez un petit âne attaché: personne ne l'a encore monté. Détachez-le et amenez-le». Ils amenèrent l'âne à Jésus, jetèrent leurs vêtements dessus, et firent monter Jésus. À mesure qu'il avançait, les gens étendaient leurs vêtements sur le chemin.
 
Matthieu XXI, 8-9
Le peuple, en foule, étendit ses vêtements sur la route ; certains coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route. Les foules qui marchaient devant lui et qui suivaient, criaient : "Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui entre au nom du seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux !"
 
Marc XI, 1-8
Jésus et ses disciples approchent du mont des Oliviers. Jésus envoie deux de ses disciples: Allez au village qui est en face de vous. Dès l'entrée, vous y trouverez un petit âne attaché, que personne n'a encore monté. Détachez-le et amenez-le. Ils amènent le petit âne à Jésus, le couvrent de leurs manteaux, et Jésus s'assoit dessus. Alors, beaucoup de gens étendirent sur le chemin leurs manteaux, d'autres, des feuillages coupés dans la campagne.

 

MONACHISME

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COQUIN René-Georges, 1981.
Conférence de M. René-Georges Coquin sur le 'Récit de Papnoute', consacré à la vie de l’ermite égyptien Onophrios.
In École pratique des hautes études, Section des sciences religieuses. Annuaire. Tome 90, 1981-1982. 1981. pp. 343-348.
 
Abstract
Les palmiers nourrissent les ermites de leurs fruits, comme Onophrios représenté à côté du palmier qui passait pour avoir assuré sa subsistance. Ils servent aussi aux moines à fabriquer des nattes, des paniers, des sandales et des vêtements. Une inscription rapporte ainsi que Macaire était «allé avec d’autres solitaires […] pour couper des branches de palmiers dont ils faisaient leurs ouvrages.» Parfois encore, le palmier sert à représenter la croix et la littérature Copte fait même allusion à une symbolique religieuse du palmier : «Il est écrit que le juste s’élèvera comme un palmier. Cette parole signifie l’élévation des bonne choses et leur douceur, et [elle indique] qu’il n’y a qu’un seul “cœur” à [l’intérieur du] palmier : tout son intérieur est blanc. Il ressemble ainsi au juste […] en présence de Dieu, regardant vers lui seul et possédant la lumière de la foi : en effet, toute l’œuvre du juste est dans son cœur. Quant aux épines du palmier, qui transpercent, ce sont les combats du juste contre le Diable».

 

HAGIOGRAPHIE

Rameaux Liguria ca1914 SchmuckerIll. Dies Palmarum en Ligurie au début du XX° siècle (photographie de Schmucker)
A partir du moyen-âge, le palmier devient l'attribut d'un grand nombre de saints. Il s’agit pour l'essentiel de martyrs, en relation évidente avec les valeurs attribuées à la palme dans les traditions gréco-romaine issues des civilisations orientales. Les célébrations juives de l'Office des Palmes sont introduites à la même époque dans la liturgie de la Pâque, avec la célébration du Dimanche des Rameaux (Dies Palmarum). Le Palm Sunday va dés lors donner naissance, dans le monde catholique puis protestant, à une riche tradition populaire. Elle s'accompagne de l'introduction du palmier-dattier en Espagne, avec la création de la palmeraie d’Elche, puis en Italie lors de la fondation de la palmeraie de Bordighera.

 

BIBLIO

CASTELLANA R. 1995 Il Fuoco dei Giudei, Feu des Juifs ou Feu de Judas?  In: Feu profane, Feu Sacré, Catalogue de l'exposition du Musée des Arts et Traditions  Populaires  de  Provence,  Draguignan,  MATP  &  Université  de  Nice,  1995,  pp. 152-160. Edition révisée et enrichie d’illustrations inédites.  Link: castellana_1995
COQUIN R.G. 1981. Conférence de M. René-Georges Coquin sur le 'Récit de Papnoute', consacré à la vie de l’ermite égyptien Onophrios. In: École pratique des hautes études, Section des sciences religieuses. Annuaire. Tome 90, 1981-1982. 1981. pp. 343-348. Link : /www.persee.fr/
BONCOURT A., RAPHAËL F., 1978. Le  Feu  du  Samedi  Saint  en  Alsace. In: Revue des Sciences Sociales de la France de l'Est, Strasbourg, 1978, no7, pp. 12-23.  Link : /judaisme.sdv.fr/
TARDIEU M. 1973. Pour un phénix gnostique. In: Revue de l'histoire des religions, tome 183 n°2, 1973. pp. 117-142. Link : /www.persee.fr/

 
 

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