Diversification

RHYNCHOPHORUS FERRUGINEUS : NOUVELLES MENACES ?
Recueil de données relatives au transfert en cours du ravageur des palmiers, Rhynchophorus ferrugineus, en direction de nouveaux hôtes
Red Palm Weevil western diffusion 2006
Face à l’inaction des pouvoirs publics en matière de lutte contre le charançon rouge, les principaux jardins et associations de Bordighera (Italian Riviera) ont créé en 2014 le Collectif ‘Non c’e più tempo, dans le but de fédérer les initiatives et de mutualiser les moyens. Ce Collectif s’est élargi par la suite en direction de la région française frontalière. Cette mise en réseau s'est déroulée dans le contexte très préoccupant de la diversification en cours des cibles du ravageur vers le palmier dattier, un problème qui concerne aussi l'ensemble des pays du Sud méditerranéen. La compréhension de la dynamique de ce transfert est essentielle du fait des menaces qu’elle représente pour l’ensemble des espèces de palmiers, voire même pour d’autres plantes d’intérêt. Elle est rapportée ici, au travers de données recueillies pour l’essentiel en Italie, où la palmeraie de Bordighera est un terrain d’observation privilégié du fait de la biodiversité exceptionnelle qu’elle présente en matière d'espèces de palmiers.
 
EN SAVOIR PLUS SUR NOTRE RESEAU RIVIERA GARDEN
*Lutte Intégrée (Integrated Pest Mangement)
*Menaces sur la biodiversité
*Accès à notre page web

HISTORIQUE

Chronologie de l’infestation en Europe
*Phase 1: dispersion et exploration de nouveaux habitats (1ère année)
*Phase 2: installation et croissance exponentielle sur Phoenix canariensis (2-7 ans).
*Phase 3: transfert vers la ressource résiduelle (8 ans et +).
 
Palmiers concernés à ce jour par l'infestation (liste non-exhaustive)
Phoenix canariensis, Phoenix dactylifera, Phoenix sylvestris, Phoenix theophrasti, Trachycarpus fortunei, Chamaerops humilis, Brahea armata, Jubaea chilensis, Livistona chinensis, Sabal sp., Syagrus romanzoffiana, Howea forsteriana, Washingtonia sp., B. edulis, Butia capitata.
 
Transfert du ravageur vers la ressource résiduelle en Sicile
RPW hosts Sicily 2009Ill. Espèces de palmiers infestés en Sicile au début du transfert du ravageur (Longo et alii 2009)
RPW hosts Sicily 2011
Ill. Recensement des populations de Rynchophorus ferrugineus sur les diverses espèces de palmiers infestés en Sicile (Longo et alii 2011)
 
Inventaire (en cours) des publications consacrées au transfert du ravageur vers de nouveaux hôtes (publications en accès libre uniquement)
 
AZAM K.M., RAZVI S.A., AL-MAHMULI I. 2001. Survey of Red Palm Weevil, (Rhynchophorus Ferrugineus Oliver) infestation in Date Palm in Oman. In : 2nd International Conf. on Date Palms. (al-Ain, UAE). pp. 25-27.
 
BARRANCO P., J. A. DE LA PEÑA, M.  M.  MARTÍN Y T.  CABELLO 2000. Rango de hospedantes de Rhynchophorus ferrugineus (Olivier, 1790) y diámetro de la palmera hospedante. (Coleoptera, Curculionidae). In: Bol.  San. Veg. Plagas, 26: 73-78, 2000.
 
BOURGUET S. 2013. Dynamique de l’hybridation dans le genre Phoenix sur la Riviera italienne. Caractérisation génétique et phénotypique. Master Biologie des Plantes et des Micro-organismes, IRD CBAE, Montpellier (France).
 
CASTELLANA R., 2014. "Le jardin Winter de Bordighera menacé de disparition". In : Revue Le Sauvage. Culture et écologie. (Revue en ligne, juillet 2014).
 
DEMBILIO O, J. A. JACAS, E. LLACER 2009. Are the palms Washingtonia filifera and Chamaerops humilis suitable hosts for the red palm weevil Rhynchophorus ferrugineus (Col. Curculionidae)? In: J. Appl. Entomol. 133 (2009) 565–567.
 
DEMBILIO O., JACAS J.A. 2012. Bio-ecology and integrated management of the red palm weevil, Rhynchophorus ferrugineus (Coleoptera: Curculionidae), in the region of Valencia (Spain). In: Hellenic Plant Protection Journal 5: 1-12, 2012.
 
FERRY M., GOMEZ S. 2012. Charançon rouge des palmiers, mises au point sur la lutte. In: Phytoma (658: 38-41), novembre 2012.
http://www.fousdepalmiers.com/
 
GIOVINO A., SCIBETTA S., GUGLIUZZA G., LONGO S., SUMA P., LA MANTIA T. 2012. Atacks of Rhynchophorus ferrugineus olivier (Coleoptera Curculionidae) on natural specimens of dwarf fan palm chamaerops humilis l. (Arecaceae) in Sicily. In : Naturalista sicil., S. IV, XXXVI (3), 2012, pp. 427-433.
 
JU R.T., WANG F., WANG F.H., LI B. 2010. Effect of host plants on development and reproduction of Rhynchophorus ferrugineus (Olivier) (Coleoptera: Curculionidae). In: J Pest Sci.
 
LONGO S., ZIZZO G.V., GIOVINO A., COLAZZA S. 2009.  Piante ospiti del Punteruolo rosso e del Castnide delle palme in Sicilia. In: aavv_2009. La ricerca scientifica sul punteruolo rosso e gli altri fitofagi delle palme in Sicilia (85-86).
 
LONGO S., ANDERSON P.J., SMITH T.R., STANLEY J.D & INSERRA R.N. 2011. New Palm Hosts for the Red Palm Weevil, Rhynchophorus ferrugineus, in Sicily. In : Palms Vol. 55 (1)
 
ROCHAT D., CHAPIN E., FERRY M., AVAND-FAGHIH A., BRUN L. 2006. Le charançon rouge du palmier dans le bassin méditerranéen. In: PHYTOMA, La Défense des Végétaux, N°595 (20-24), Juillet-Août 2006
 
Lire aussi notre article: Des palmiers résistants aux ravageurs? Chronique d’une légende urbaine. Link: italia.listephoenix

 

ECHANTILLON

Historique de l’infestation à Bordighera et caractéristiques de la palmeraie  
Bordighera RPW infestation
Ill. Etabli par l'INRA (Ferry-Gomez 2012) à partir des données fournis par les Services Espaces Verts, ce graphique anticipe l'évolution à venir de l'infestation. L’année 2013 se situe au stade +6 à Bordighera (soit 6 années après la première infestation).
Les modalités de l’infestation présentent des caractéristiques singulières sur le territoire de la commune italienne de Bordighera, où le ravageur (présent depuis 2007) est désormais en train de diversifier ses cibles. Elles sont dues au fait, qu’à la différence de la plupart des régions précitées, le transfert du ravageur ne concerne pas ici une population résiduelle. Phoenix canariensis est certes prédominant, mais avec une population rurale (jusqu’à présent épargnée) équivalente à la population urbaine. Phoenix dactylifera, Washingtonia spp. et Chamaerops humilis présentent eux aussi des densités élevées, plus faibles mais tout de même comparables. Plusieurs autres espèces comme Brahea spp., Livistona spp., Phoenix reclinata, Syagrus romansoffiana, Trachycarpus fortunei totalisent par ailleurs elles aussi des densités significatives, ainsi que des populations issues de l’hybridation entre plusieurs espèces du genre Phoenix. Des introductions massives de palmiers de substitution sont enfin en cours, en vue de remplacer à terme les Phoenix canariensis abattus (un millier d’exemplaires à ce jour). Malgré cette forte biodiversité, le charançon s’est jusqu’à présent développé, ici comme ailleurs, sur le seul Phoenix canariensis pendant les 6 premières années. Les observations qui suivent concernent le transfert (qui semble en cours désormais) du ravageur vers les populations de palmiers dattiers de la palmeraie historique. Elles visent aussi à rendre compte des menaces pour la sécurité publique que pourrait poser l’expansion du ravageur en direction de cette nouvelle cible.
 
1. LES PRINCIPALES POPULATIONS DE PALMIERS PRESENTES A BORDIGHERA CLASSEES PAR ORDRE D’IMPORTANCE DANS LA PALMERAIE
 
PHOENIX CANARIENSIS

Phoenix canariensis plantation Bordighera
Ill. vue de l’une des palmeraies ensauvagées de P. canariensis à Bordighera (Castellana 2014)
En dehors des populations urbaines, P. canariensis est présent à Bordighera en nombre comparable sur 4 sites ruraux. Le premier est situé à l’embouchure du vallon de la palmeraie historique, en zone littorale, les autres étant des pépinières ensauvagées, réparties tout au long des vallons. Ces palmeraies ensauvagées de Phoenix canariensis ne sont que marginalement touchées actuellement, à la différence des zones urbaines où ce palmier est en cours d’éradication. Des palmiers infestés ont pourtant été régulièrement recensés dans ces zones depuis plusieurs années. La résistance de ces palmeraies ensauvagées pourrait laisser penser à la présence d’antagonistes au ravageur, dont l’existence est effectivement attestée en dehors de l’Europe et de ses palmeraies urbaines. Une autre hypothèse serait que le charançon privilégie le milieu urbain, pour le moment du moins.
 
PHOENIX DACTYLIFERA
RPW phoenix dactylifera Abu Dabbi 2011
Il. une palmeraie de palmiers dattiers infestée par le charançon rouge (Abu Dahbi 2011)
La palmeraie historique de Bordighera se situe dans le torrent du Sasso, une friche agraire qui se trouve à l’est de la commune. Elle a abrité jusqu’à plus de 10000 Phoenix dactylifera entre le Moyen-âge et le XIX° siècle. Elle renferme à présent un millier de dattiers, répartis sur 2 sites principaux, la Villa Garnier et le Jardin Expérimental Phoenix. Une population équivalente de ces mêmes palmiers est aussi présente en zone urbaine. Il s’agit de palmiers à haut risques, notamment du fait de la présence systématique de rejets, le ravageur attaquant préférentiellement cet arbre au niveau de jeunes spécimens. Il est par ailleurs très difficile de déceler l'infestation, souvant asymptomatique, chez ce palmier.
RPW phoenix dactylifera Ventimiglia 2013Ill. chute d'un palmier dattier sur une voiture (Vintimille-Italie 2013)
En novembre 2012, un premier palmier dattier infesté est signalé en centre-ville. Un second dattier infesté est identifié en octobre 2013, cette fois-ci dans le Jardin Expérimental de la palmeraie historique. 6 spécimens sont officiellement déclarés en 2014. S'il s'avérait, le transfert du ravageur vers le dattier pourrait rapidement poser des risques pour la sécurité des personnes, avec l’éventuel effondrement de ces palmiers sur la voie publique dont il existe déjà plusieurs attestations dans d’autres régions, l'une d'entre elles ayant même entrainé un décés.
 
CHAMAEROPS HUMILIS
RPW chamaerops humilis Bordighera
Ill. plantation de Chamaerops humilis exploitée pour les compositions florales à Bordighera (Castellana 2015)
Ce palmier est l’un des deux palmiers autochtones méditerranéens. Il est présent à Bordighera dans les espaces verts publics ou privés, ainsi que dans les plantations destinées à la production de feuillage coupé pour les fleuristes. Ces dernières sont situées dans la partie rurale des vallons, avec environ un millier d’exemplaires. Ce palmier est par ailleurs menacé par un autre ravageur, Paysandia archon.
RPW Paysandia Chamaerops humilis Latina 2009Il. Un palmier autochtone Chamaerops humilis infesté à Latina (Latium 2009).
Chamaerops humilis semblerait toutefois présenter une forme de résistance naturelle au charançon, consistant dans la production d’une substance gommeuse lors d’une perforation. Il n’abriterait par ailleurs que des faibles populations de ravageurs (de l’ordre d’une dizaine de spécimens). Le transfert du ravageur vers cette ressource est en cours à Bordighera depuis 2014, en Sicile depuis 2011 (Giovino et alii 2012). S’il s’avérait, il constituerait une catastrophe écologique majeure, du fait de l’importance des populations actuelles de Chamaerops en Sicile, en Espagne, en Tunisie et au Maroc pour l’essentiel. Ces populations représentent par ailleurs une ressource économique importante dans ces régions.
 
WASHINGTONIA SP
RPW Paysandia Washingtonia Murcia 2012
Ill. un palmier Washingtonia infesté en Espagne (Murcia 2012)
Les palmiers du genre Washingtonia sont extrêmement nombreux dans les jardins publics et privés de Bordighera, mais en zone urbaine exclusivement. Ce palmier est lui aussi menacé par Paysandia archon. Comme le Chamaerops, il émet une substance gommeuse lors d’une perforation, ce qui le rendrait relativement résistant à sa colonisation par le charançon. L’éventualité d’un transfert du ravageur vers ce palmier (déjà attestée dans plusieurs régions dont le Jardin Winter de Bordighera en 2014 et à nouveau en 2015 dans cette même ville), constituerait une menace grave pour l’ensemble des palmeraies ornementales en Europe comme aux Etats-Unis. Il s’agit en effet d’un palmier ornemental d’importance mondiale, juste derrière Phoenix canariensis.
 
AGAVES SP
Bordighera Italian Riviera Ente Autonoma Stazione Climatica
Ill. Agava americana dans une affiche touristique italienne
Très présentes dans la région, les différentes espèces d’agaves constituent, à Bordighera, l’une des plus principales concentrations de ces populations sur le littoral azuréen. Il s’agit principalement d’Agava americana. Dans la zone du Cap San Ampeglio (en bord de mer et au cœur de la palmeraie historique), ces populations ont créé un paysage remarquable. Leur présence est par ailleurs liée au rôle joué par Bordighera dans l’introduction des plantes grasses et succulentes en Europe. Ces plantes ont été (et restent) ainsi fortement liées à l’imagerie touristique de la ville, et de ses jardins exotiques et pépinières. Les populations d'agaves sont très nombreuses en Méditerranée, notamment dans des zones rocheuses et inaccessibles. Le transfert du ravageur vers ces populations serait particulièrement catastrophique dans les régions où il est utilisé pour diverses productions, comme par exemple au Mexique où cette plante produit la Tequila. Pour le moment, il s'agit d'une autre espéce de charançon qui menace ces plantes.
 
2. AUTRES ESPECES PRESENTES DE MANIERE SIGNIFICATIVE A BORDIGHERA
 
Jardin Winter
Outre les plantations urbaines, est plus particulièrement concerné le Jardin Winter, un jardin d’acclimatation de palmiers remontant au XIX° siècle, lequel renferme une trentaine d’espèces de palmiers. Ce jardin représente en effet l'une des plus importantes concentrations de diversité génétique de la région en la matière, et constitue ainsi la cible privilégiée d’une éventuelle diversification de l’installation du ravageur. Cette diversification est en cours depuis 2014 (Castellana 2014).
 
Palmiers de substitution (var. sp.)
Diverses espèces de palmiers ont par ailleurs été introduites ces dernières années à Bordighera, afin de remplacer les palmiers disparus. Il s’agit de spécimens jeunes, qui pourraient de ce fait devenir rapidement la cible du ravageur, et favoriser ainsi son exploration de nouvelles ressources. La Mairie ayant annoncé vouloir remplacer l'ensemble des Phoenix canariensis, au fur et à mesure de leur infestation (soit un millier de spécimens), ces populations juvéniles risquent de prendre une importance grandissante dans la composition de la palmeraie urbaine.
 
Hybrides de Phoenix
Un grand nombre d’hybrides se trouve sur le territoire communal. L’hybridation en question concerne essentiellement le genre Phoenix. Elle a fait récemment l’objet d’un début d’inventaire (Bourguet 2013). Outre leur intérêt ornemental, ces palmiers hybrides pourraient eux-aussi présenter des phénomènes de résistance au ravageur qui mériteraient d'être attentivement observés et étudiés.
 
Liste des autres principales espèces recensées
 
Trachycharpus fortunea
Paysandia Trachycarpus fortunei
Ill. Exemplaire de Trachycharpus fortunei infesté par le ravageur Paysandia archon
L'infestation de ce palmier par Rhynchophorus a été signalée en Sicile (Longo et alii 2011)
 
Brahea spp.
L'infestation de ces palmiers par Rhynchophorus a été signalée en Sicile (Longo et alii 2011), puis en 2014 et 2015 en Ligurie (FlorNews211)
 
Livistona spp.
L'infestation de ces palmiers par Rhynchophorus a été signalée en Sicile (Longo et alii 2009)
 
Syagrus romansoffiana
Ce palmier a été récemment introduit de manière importante dans les palmeraies urbaines de nombreuses régions. Son infestation par Rhynchophorus a été signalée en Sicile (Longo et alii 2009)
 
Butia capitata
Une infestation de Butia capitata a été signalée en 2013 dans un jardin public de Bordighera (Palazzo del Parco).
 
Autres espèces marginales mais d’intérêt patrimonial
Jubea chilensis
RPW jubea chilensis
Ill. exemplaire de Jubea chilensis infesté
Il s'agit d'un palmier à croissance très lente, dont il existe quelques spécimens très âgés sur la Riviera italienne et la Côte d'Azur. L'infestation de ce palmier par Rhynchophorus a été signalée en Sicile (Longo et alii 2011) et plus récemment (2015) à Antibes dans le Jardin historique de la Villa Thuret où il a privilégié ce palmier parmi une trentaine d'autres espèces.

 

PROTOCOLES

Suivi en ligne de l'infestation de Phoenix dactylifera à Bordighera (2015)

Rynchophorus ferrugineus est un ravageur palmivore opportuniste, qui change facilement d’espèce hôte pour s’adapter à de nouveaux contextes. Originaire d’Indonésie, où il infeste de façon marginale diverses espèces de palmiers équatoriaux, il a ainsi récemment colonisé les grandes cultures de dattier du Moyen Orient, avant d’arriver en Europe. Introduit par le biais de palmiers dattiers importés (d’Egypte ou d’autres pays), le ravageur rencontre une situation nouvelle et change immédiatement de cible. Il s’installe dès lors systématiquement sur les plantations ornementales de Phoenix canariensis, une espèce qui domine largement les espaces verts urbains. La brutalité de l’infestation conduit en quelques années à la disparition de l’hôte, et se ralentit ensuite avec le transfert du ravageur vers la ressource résiduelle de palmiers. La compréhension de la dynamique de ce transfert est essentielle du fait des menaces qu’elle représente pour l’ensemble des espèces de palmiers, voire même pour d’autres plantes d’intérêt. Nous avons mis en place, à la fin 2015, un protocole de surveillance de la palmeraie médiévale de dattiers (1000 specimens) visant à estimer le rythme et les modalités de l’infestation. Il a fait l’objet d’une Google Map en ligne à cette adresse : www.google.com/maps
 
METHODOLOGIE
*Contexte de l’observation
La population de P. dactylifera à Bordighera est estimée entre 1000 et 2000 individus, en majorité de grande taille, avec une proportion faible mais significative de spécimens cespiteux. Elle se répartit pour moitié environ entre la palmeraie historique (zone rurale) et le centre ville.
*Historique de l’infestation
(données très partielles en l’absence d’un monitorage rigoureux à ce jour)
1ère infestation P. dactylifera : 2012 (individu de grande taille). 2ème infestation P. dactylifera : 2014 (6 specimens). En 2O15, 7 P. dactylifera de grande taille infestés sont repérés simultanément dans les 3 principaux quartiers de la commune, ce qui laisse penser à la possibilité d’un transfert en cours du ravageur vers ce nouvel hôte.
*Objectifs de l’étude
Le but de ces observations est de chercher à estimer : *la dynamique à venir de l’infestation, *le ratio d’infestation entre palmes de grande et petite taille.
Un éventuel transfert du ravageur vers les P. dactylifera de grande taille conduirait à l’éradication du paysage de la palmeraie historique. La forte probabilité d’attaque en dessous de la couronne foliaire chez ce palmier pourrait aussi entrainer des chutes présentant de grands risques en matière de sécurité publique. Si une attaque s’avérait au niveau des rejets, elle pourrait aller jusqu’à des chutes de palmiers entiers.
*Résultats attendus
L'évaluation de la dynamique de l’infestation nous permettra de faire le point sur notre stratégie de lutte dans le Jardin Expérimental. Nous traitons en effet actuellement uniquement les palmiers de petite taille par aspersion d'un insecticide biologique (nématodes). Si nous devons traiter désormais des spécimens centenaires, il nous faudra lancer un appel en vue d’un soutien financier auprès des amis de notre palmeraie historique. La lutte biologique pose par ailleurs des problèmes similaires à la lutte chimique: ce genre d'interventions impacte en effet aussi les éventuels antagonistes du ravageur.
Le transfert éventuel du ravageur vers le palmier dattier, s’il s’avérait, pourrait aussi intéresser plusieurs villes majeures de la Cote d’Azur outre Bordighera et Sanremo, comme Nice, Menton et Hyères, des villes auxquelles une grande partie des palmiers de Bordighera ont été vendus au XX° siècle.
* Population observée
– 4 échantillons de 100 palmiers dattiers numérotés, génotypés et décrits morphologiquement
– environ 3OO palmiers situés au voisinage de ces échantillons.
Total : environ 700 spécimens
Répartition : palmeraie historique et centre ville
Type d’observation : observation visuelle participative de 2 types de symptomes: l'effondrement de la couronne foliaire et la chute de feuilles, notamment de feuilles vertes.
* Renseignements sollicités
Date de l’observation, Taille et sexe du spécimen , Adresse
* Collation des informations
Les informations recueillies sont rassemblées sur une cartographie Google map, un support qui permet à la fois la localisation des spécimens infestés et la publication pour chacun d'entre eux d'une fiche descriptive illustrée de photographies.

 

RESULTATS

* RESULTATS FIN 2015
Sur deux années d’observations, le rythme de l’infestation est stable. Il se monte à 1% de l’échantillon. Il est à noter que, depuis octobre 2013, aucune infestation n'a été relevée au niveau des 300 spécimens du Jardin Expérimental, à l'exception d'un rejet de très petite taille qui a révélé la présence de 5 cocons. Un palmier dattier de grande taille a par contre été infesté dans la propriété voisine.
* Infestation d’un rejet de palmier dattier dans le Jardin Expérimental
Identification de l’arbre : Phoenix dactylifera. Planche n°5. N° ID 4635. Description de l’arbre : Palmier avec 2 stipes de grande taille et plusieurs rejets de petites dimensions. Circonstances de l’infestation : Il s’agit d’un palmier qu’on avait oublié lors de la taille des rejets superflus. C’est au niveau de l’un de ces rejets qu’a été découverte l’infestation. Le rejet était mort, les feuilles désséchées. Description des hotes : 5 larves de très petite taille (long < 1cm) et un cocon vide. Dimension de la cavité infestée : Entre 10 et 20 cl de volume. Traitement : Destruction de la partie infestée, nettoyage et désinfection de la base des stipes, inspection des rejets. Suivi :
Balisage du palmier pour observation, afin de détecter une éventuelle contamination au niveau des stipes ou des rejets. Commentaires : Ce type d’infestation aurait pu passer inaperçu. Si les rejets superflus n’avaient pas été éliminés, l’ensemble du jardin pourrait actuellement être infesté, ou en cours d’infestation.
* Infestation d’un palmier dattier de grande taille dans la pépinière du Jardin Expérimental
Il s'agit d'une infestation asymptomatique, découverte fin 2014 à la suite de la chute de feuilles renfermant des cocons à la base, dans lesquels se trouvaient des larves vivantes. Ce palmier a été abattu le 7 mai 2016. La partie sommitale était en excellent état, avec des inflorescences émergentes. Il n'a pas été possible de la disséquer, mais aucun charançon adulte n'a été découvert lors de l'abattage.
 
Bordighera RPW in historical palm-garden 2013*RESULTATS FIN 2014
1.FIRST INFESTATIONS OF DATE PALM AT BORDIGHERA
Sur cette photo,  prise le 1 novembre 2013 dans la palmeraie médiévale de dattiers de Bordighera, un Phoenix canariensis arrivé à un stade avancé d’infestation. Un Phoenix dactylifera voisin semble présenter lui aussi des signes d’attaque. Un tel foyer d’infestation (à ce stade tardif il peut s’agir de plusieurs centaines d’insectes), constitue une menace pour l’ensemble du site historique avec le transfert en cours du ravageur vers la ressource de palmiers dattiers.
*Le 11-10-2013, nous avons découvert un Phoenix canariensis infesté situé dans un jardin privé attenant au site du Jardin Expérimental de la palmeraie historique de palmiers dattiers (ID canariensis n°1). L’infestation avait atteint un stade très avancé, sans aucun symptôme visible avant un effondrement brutal de toutes les palmes au niveau de la couronne basale, suivi quelques jours plus tard de la chute de la frondaison centrale. L’arbre avait été rapidement abattu et les déchets laissés à sécher sur place, après traitement insecticide, puis incinérés. Nous avons dés lors initié un contrôle des palmiers sur l’ensemble de la zone voisine, contrôle limité du fait de la présence de nombreux spécimens sur des terrains privés. Une infestation atypique a été découverte le 17-10-2013 dans le Jardin Expérimental, sur un palmier dattier abattu. Elle a été suivie d’une ré-infestation du stipe laissé en place, découverte le 07-05-2016 lors de sa chute.
Bordighera (Italy) 2015 Jardin Phoenix 4644 (1)*Le palmier concerné (n° ID 4644, sexe male, hauteur de stipe ca 8m) était tombé en juin, soit plus de 3 mois auparavant, suite à un épisode venteux. Il s’était fendu en deux à mi-hauteur du stipe, sur une longueur de près de 3m. La partie de stipe tombée au sol avait été découpé en tronçons d’une dimension d’environ 60 cm, vers le 15 septembre. Aucun charançon n’avait été trouvé dans ces tronçons (fendus en deux) qui avaient été dispersés en bordure de la terrasse. La partie sommitale avait été effeuillée puis découpée en 4 morceaux qui avaient été posés par terre, au centre de la terrasse. La partie terminale du stipe allait révéler (le 17 octobre) une cavité de la taille d’un œuf d’autruche. Située au contact du sol, elle renfermait une population composée d’une 30aine de larves de 2 tailles et de 4 adultes, dans des tissus en phase de fermentation avancée. Aucun cocon n’a par contre été retrouvé, ce qui témoigne donc d’une infestation récente.
Bordighera (Italy) 2015 Jardin Phoenix 4661*Un second palmier (n° ID 4661, sexe femelle, longueur de stipe 3m50) s’était lentement incliné au cours de l'été, jusqu'à atteindre un angle de 45°. Un poteau de soutien avait alors été installé afin d'éviter sa chute définitive. L'arbre était encore vivant, lorsqu'on a procédé à sa découpe (vers le 15 septembre), en tronçons de stipes d’une dimension d’environ 60 cm, fendus en 2 dans la longueur. Ils avaient ensuite été empilés sur une hauteur approximative de 60 cm et une largeur équivalente. La partie sommitale avait été taillée à la même longueur, après effeuillement et elle aussi fendue en 2, puis déposée à côté du tas. Un examen du dispositif effectué le 17 octobre a révélé la présence d'une 15aine de charançons réfugiés dans l’empilement, notamment dans les fentes longitudinales qui s’étaient formées naturellement sur certains morceaux de stipes. Aucun signe d’infestation n’a par contre été relevé.
Bordighera (Italy) 2015 Jardin Phoenix 4661 (2)*Le traitement appliqué a consisté à noyer les insectes et les larves récoltés. La partie sommitale infestée ainsi que les 3 autres tronçons sommitaux du même arbre (c'est à dire la base de la frondaison centrale), ont été disposés dans une zone de confinement et traitées par aspersion d'une solution diluée de Reldan. Les tronçons de stipes ne présentant pas de signes d’infestation ont été laissés dans la même disposition, et ont fait l’objet d’une inspection bi-hebdomadaire. 4 insectes ont ainsi été découverts la semaine suivante dans les fentes de tronçons de stipes mises à sécher en tas, puis à nouveau 5 insectes une semaine plus tard (29 octobre) et 7 autres le 1° novembre. Ce dispositif semblerait donc constituer une sorte d'abri provisoire, permettant si l'on procède à une inspection régulière un contrôle régulier des insectes présents et leur éventuelle capture. La légèreté des tronçons, du fait de leur petite taille rend très facile leur manipulation lors d'une telle inspection. La sécurité est par ailleurs maximale, car toute ponte dans de telles conditions ne pourrait être conduite à terme. On pourrait par ailleurs envisager de coupler ce type de dispositif avec un piège à phéromones, afin d’améliorer son attractivité et de l'installer dans une zone non boisée de la palmeraie.
Bordighera (Italy) 2015 Jardin Phoenix 4644  (3)* La partie fendue en deux et restée en place du palmier n° ID 4644 est tombée au sol le 2 mai 2016, suite à un épisode venteux qui a vu la chute de deux autres palmiers dans le voisinage du jardin Expérimental (palmiers non infestés mais très âgés). La partie de stipe tombée au sol mesurait 2m80. Son examen a révélé une infestation généralisée, avec la présence de quelques spécimens adultes morts et de nombreux cocons en partie ouverts et en partie fermés, avec des traces de larves à l'intérieur à divers stades de métamorphoses pour ces derniers.
Commentaires
*Interprétation: les observations précédentes (octobre 2013) ont montré que la chute originelle de ce palmier ne vient pas de son infestation. L'infestation aurait donc concerné simultanément les différentes parties du même arbre après sa chute. Nous avons recueilli dans ce sens le témoignage d’un jardinier qui avait déjà rencontré des infestations de parties sommitales abattues, et qui désormais prend soin de les traiter de manière préventive.
*La présence d’insectes adultes dans le tas de tronçons de stipes de l’arbre encore vivant lors de l’abattage, semble s’expliquer du double fait que : *le RPW réside désormais sur le site (où il est en train de chercher à s'installer sur d'autres palmiers) *et qu’il est attiré par l’odeur de ces déchets récents.
 
Bordighera Rio Sasso nov 2015 (1)2. INSPECTION VISUELLE DU VALLON DU SASSO
Un contrôle du site de la palmeraie historique a été réalisé entre le 18 octobre et le 2 novembre 2013. Il avait pour objectif de collecter un maximum de données relatives à  l’état initial de l’infestation des palmiers sur le site, des informations nécessaires à l’élaboration d’un scénario de sa progression future. L’inspection a révélé une 20aine d’exemplaires de Phoenix canariensis infestés. L’infestation était généralement arrivée à un stade très avancé, plusieurs spécimens étant même déjà morts et en train de se dessécher sur pied. Plusieurs chutes de la frondaison centrale ont par ailleurs été observées, la plus spectaculaire (ID canariensis n°3) concerne un exemplaire situé dans la partie publique du Jardin Winter. La frondaison concernée, qui doit peser une 60aine de kilos, est tombée au milieu des jeux pour enfants installés dans le Jardin. L’inspection a par ailleurs révélé une 10aine de spécimens de Phoenix dactylifera présentant des symptômes d’infestation. Nos observations ont été partiellement confirmées en 2014 par les Services des Espaces Verts, qui ont relevé 7 palmiers dattiers infestés sur le territoire.
 
PALMERAIE MEDIEVALE DE BORDIGHERA
Palmiers infestés ou suspects d’infestation versus intervention
MISE A JOUR: 8 novembre 2013
N° Exemplaire
Observation
Infestation
Localisation
Traitement
Canariensis 1
03-10-2013
terminal
Jardin Exp.
13-10-2013
Canariensis 2
18-10-2013
probable
Via Beodo 38
en attente
Canariensis 3
18-10-2013
terminal
Parc Winter
08-11-2013
Canariensis 4
25-10-2013
probable
Jardin Winter
en attente
Canariensis 5
25-10-2013
probable
Sasso bas
en attente
Canariensis 6
01-11-2013
suspect
Via Colli 7
en attente
Canariensis 7
01-11-2013
probable
Parc Winter
08-11-2013
Canariensis 8
01-11-2013
terminal
Jardin Winter
en attente
Canariensis 8 bis
08-11-2013
terminal
Jardin Winter
en attente
Canariensis 9
01-11-2013
terminal
Sasso Biu
en attente
Canariensis 10
01-11-2013
terminal
Beodo (haut)
en attente
Canariensis 11
01-11-2013
terminal
Parc Winter
08-11-2013
Canariensis 12
01-11-2013
terminal
Via Campo Santo 39
en attente
Canariensis 13
01-11-2013
suspect
Via Aurelia 44
en attente
Canariensis 13 bis
08-11-2013
probable
Via Aurelia 38
en attente
Canariensis 14
01-11-2013
terminal
Lunassa
en attente
Canariensis 15
01-11-2013
terminal
Lunassa
en attente
Canariensis 16
01-11-2013
terminal
Lunassa
en attente
Canariensis 17
01-11-2013
terminal
Lunassa
en attente
Canariensis 18
01-11-2013
probable
Parc Winter
en attente
Dactylifera 1
17-10-2013
initial
Jardin Exp.
17-10-2013
Dactylifera 2
18-10-2013
probable
Via Beodo 38
en attente
Dactylifera 3
18-10-2013
probable
Via Beodo 38
en attente
Dactylifera 4
25-10-2013
suspect
Jardin Winter
en attente
Dactylifera 5
25-10-2013
probable
Via Beodo 36
en attente
Dactylifera 6
01-11-2013
suspect
Via Colli 15
en attente
Dactylifera 7
01-11-2013
suspect
Via Garnier 28
en attente
Dactylifera 8
01-11-2013
probable
Via Winter
en attente
Dactylifera 9
01-11-2013
suspect
Via Campo Santo 39
en attente
Dactylifera 10
08-11-2013
probable
Via Beodo 60
en attente
Commentaires
L’automne constitue le pic principal en matière de reproduction du charançon (avec le printemps). Cette saison 2013 a été particulièrement chaude, ce qui ne pouvait que favoriser la reproduction de la population de ravageurs présente à Bordighera. L’inspection conduite à cette date montre tout d’abord une progression inquiétante du ravageur dans le site du Jardin Winter. Le stade très avancé auquel sont arrivés les palmiers infestés avant intervention, a vraisemblablement conduit à la dispersion de plusieurs milliers d’insectes adultes. Ces derniers sont donc en train de s’installer sur le reste de la ressource, laquelle demeure très  importante (500 Phoenix canariensis recensés initialement). Il serait souhaitable d'agir plus rapidement sur les palmiers infestés afin d'éviter ce type de dissémination massive, qui peut se révéler exponentielle. L’absence d’intervention est particulièrement préoccupante dans les terrains privés du vallon voisin de la Lunassa. L'an dernier déjà, plusieurs palmiers infestés avaient ainsi laissés à sécher sur pied. Si la situation perdure, ce vallon va devenir le principal foyer d’infestation de Bordighera dès l’an prochain. Nos observations montrent par ailleurs que la colonisation des populations de Phoenix canariensis disséminées dans la palmeraie historique est en cours. Elle confirme probablement l’existence actuelle d’une population surnuméraire de ravageurs, laquelle a commencé à explorer de nouvelles ressources, dont les palmiers dattiers présents sur le site. L'existence de plusieurs bosquets de Phoenix canariensis dans la partie haute du vallon (que nous estimons à un millier de spécimens), laisse penser à l'installation prochaine de nouveaux foyers d'infestations. L'absence de viabilité va rendre problématique toute intervention sur ces terrains.

 

PERSPECTIVES

*2016
En cours de rédaction
*2015
Suite à notre appel à soutien, la Communauté juive de la Côte d’Azur et de la Principauté de Monaco ont invité un chercheur israélien, Victoria Soroker, qui est l’un des membres du Projet Européen de lutte PALM PROTECT. Nous nous sommes rendus en sa compagnie dans les principaux jardins botaniques de la région pour un état des lieux. Victoria Soroker a ensuite présenté la stratégie de lutte intégrée (Integrated Pest Management = IPM) à l’invitation de la Principauté de Monaco. Son intervention nous a conduits à mettre en œuvre une stratégie de lutte qui reprend les 4 piliers de l’IPM :
* Gestion des palmiers
La prévention concerne avant tout la gestion de la taille des arbres. L'idéal serait de la limiter à la seule taille des feuilles sèches. La taille des feuilles vertes entraine en effet une émission d’odeurs susceptible d’attirer cet insecte doté d’un odorat très sensible. Les tailles éventuelles devraient n'avoir lieu qu'en saison froide (décembre-janvier). La détection précoce de l’infestation est par ailleurs un enjeu important, car elle ouvre la voie à une intervention d’assainissement chimique par endothérapie, un procédé d’un faible impact sur l’environnement. Nous sommes actuellement en relation à ce sujet avec plusieurs entreprises qui cherchent à élaborer un système de détection acoustique bon marché et performant.
* Piégeage
Le piégeage repose sur l’emploi de phéromones, des substances olfactives dites d’agrégation produite par les males. Il s’agit d’une technique de contrôle des populations particulièrement adaptée à un contexte d’infestation massive, largement employée au moyen-orient mais négligée en Europe. Nous sommes actuellement en contact à ce sujet avec plusieurs entreprises et instituts de recherche, des collaborations impulsées par l’Association française ‘SAUVONS NOS PALMIERS’.
* Lutte chimique
Les techniques d’aspersions d’insecticides chimiques montrent une réelle efficacité, en matière de lutte préventive. Elles rencontrent cependant plusieurs obstacles (faible persistance des produits, phytotoxicité, coût et possible apparition de résistances aux insecticides). Les avancées de la recherche offrent à présent de nouvelles perspectives, avec la mise au point de techniques d'injection d’insecticides dont la permanence est longue (de 6 mois à un an, suivant les produits utilisés). Deux jardins botaniques de la région l’utilisent, le Museum National d’Histoire naturelle pour la France (méthode Revive Syngenta), et l’Université de Gènes pour l’Italie (Méthode SOS PAL. Nous ferons de même en cas d’infestation de nos palmiers et nous sommes en relation à ce sujet avec les Associations FOUS DE PALMIERS & COLLECTIF MEDITERRANEEN.
* Lutte biologique
Dans son environnement d'origine, le ravageur rencontre des antagonistes qui limitent sa propagation. Ils se répartissent en 8 familles: les virus, les bactéries, les champignons, les levures, les nématodes, les acariens, les insectes et les vertébrés. Actuellement, les recherches ont essentiellement porté sur les nématodes et les champignons entomopathogènes. Deux autres antagonistes ont toutefois fait l’objet de travaux similaires, relatifs à Paysandia archon et Rhynchophorus palmarum. Nous sommes en relation à ce propos avec la société monégasque MCCLIK (introduction de champignons par pulvérisations au moyen de drones) et divers chercheurs et entreprises, au travers du pole de recherches français sur le bio-contrôle.
*2014
Un appel à collaborations a été lancé en 2014 auprès de nos réseaux. Deux chercheurs ont répondu dans un premier temps,  Jean Christophe Pintaud, Directeur de Recherches à l’IRD et le directeur de la Station Phoenix espagnole de l’INRA, Michel Ferry. Plusieurs mesures de prévention ont été mises en œuvre suite à leurs conseils.
*Elimination des rejets superflus
Dans le contexte de la palmeraie historique, où les palmiers sont très agés, c’est au niveau des rejets situés à la base des arbres que l’infestation est à craindre. Ces rejets ont donc été éliminés, en ce qui concerne les plus petits d’entre eux. Pour les autres, les stipes déjà formés ont été ‘lissés’ afin de limiter les possibilités d’accés. L’opération s’est déroulée en février 2014.
*Traitement préventif par nématodes
Un traitement par aspersion de nématodes a débuté à la fin de l’année 2014. Il a seulement concerné les rejets laissés en place. Le coût de cette opération se monte actuellement à 500 euros par an (pour le seul achat du produit, hors frais de manutention). Son efficacité est très limitée, du fait de l’impossibilité d’user de ce traitement au cours de l’été.
*Gestion écosystémique de l’infestation
La lutte contre les ravageurs passe aussi par la biodiversité. Les monocultures sont en effet particulièrement vulnérables, comme le montre l’infestation des Phoenix canariensis dans les palmeraies ornementales urbaines. L’introduction de cultures associées au palmier est en cours depuis plusieurs années dans le Jardin Expérimental. Elle a été accélérée en 2014 et elle est désormais quasi finalisée (printemps 2016).

 
 

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