Lutte

Integrated Pest managment IPMIll. Tableau hiérarchisé des 4 piliers de la lutte intégrée.
1. Gestion des palmiers
2. Piégeage
3. Lutte chimique
4. Lutte biologique
(Source: V. Soroker)
 
Les raisons de l'échec des stratégies de lutte contre le ravageur des palmiers, Rhynchophorus ferrugineus, sont multiples et encore mal analysées. L’intérêt de la lutte préventive a notamment été largement sous-estimé, au profit de l'abattage systématique des palmiers, un choix qui s'est révélé désastreux pour les palmeraies ornementales méditerranéennes. Il repose sur une profonde incompréhension des enjeux écologiques, économiques et sociaux liés à l'infestation. Les recherches conduites depuis plus de 20 ans sur le ravageur des palmiers ont pourtant conduit à mettre au point diverses techniques. Aucune ne permet toutefois, à elle seule, de régler le problème de manière satisfaisante. Recommandée (mais rarement adoptée) dès les premières années de l’infestation, la stratégie dite de "lutte intégrée" (Integrated Pest Management = IPM) vise à les associer. Les progrès récents en matière de lutte biologique et chimique relancent son intérêt, dans un contexte où l’infestation a conduit à la dissémination d’importantes populations de ravageurs. Les principes de base de la lutte intégrée sont les suivants: prévention des infestations, traitement des déchets, contrôle des populations et évaluation des résultats.

GESTION

LES BONNES PRATIQUES DE GESTION DES PALMIERS
La prévention concerne avant tout la gestion de la taille des arbres. L'idéal serait de la limiter à la seule taille des feuilles sèches. La taille des feuilles vertes entraine en effet une émission d’odeurs susceptible d’attirer cet insecte doté d’un odorat très sensible. Les tailles éventuelles devraient n'avoir lieu qu'en saison froide (janvier). Il faudrait par ailleurs abandonner les tailles de type en boule et limiter au maximum la présence de bases pétiolaires, porte d’entrée du ravageur au niveau de la couronne foliaire.
*Phoenix dactylifera
Chez le palmier dattier l’infestation peut aussi avoir lieu dans les rejets situés à la base, d'autant que le charançon se déplace beaucoup au niveau du sol. Une ponte à ce niveau peut entraîner par la suite une diffusion dans le stipe central. Le charançon a par contre du mal à grimper sur un stipe lisse. Une mesure de prévention basique consiste à éliminer un maximum de rejets et à "lisser" les jeunes stipes. Une telle mesure limite par ailleurs les possibilités offertes au charançon de trouver un abri à ce niveau. Les rejets taillés doivent par contre être soigneusement détruits pour éviter leur éventuelle infestation., et dans tous les cas, il est impératif de traiter les blessures de taille avec un mastic approprié.
 
LA DETECTION PRECOCE DES PALMIERS INFESTES
La détection de l'infestation concerne à la fois les importations de palmiers et la surveillance des plantations. Les techniques de détection olfactive semblent plutôt adaptées au contrôle sanitaire des importations voire aux pépinières. En ce qui concerne les plantations, la détection précoce des palmiers infestés (avant l'effondrement de la couronne foliaire) est particulièrement importante chez le palmier des Canaries. Arrivé à ce stade, ce palmier peut en effet abriter plusieurs centaines d'insectes. La détection est actuellement visuelle, ce qui limite son efficacité. Des fenêtres d'inspection peuvent être pratiquées afin de détecter la présence de cocons à la base des feuilles. Il est dans ce cas impératif de traiter les blessures avec un mastic approprié.
*Phoenix dactylifera.
Pour le palmier dattier, l'infestation est particulièrement difficile à détecter comme le montre nombre de cas de chutes de ces palmiers encore munis de toutes leurs feuilles. L'effondrement de feuilles vertes fait partie des rares symptomes visibles. Il est là aussi possible de procéder à l’ouverture régulière de fenêtres d’inspections, afin de déceler les galeries creusées par le ravageur à la base des feuilles lors de sa remontée en surface. Lorsque l'infestation a lieu à la base, on peut détecter des fibres mâchées ou un suintement de sève. Les techniques de détection accoustique en cours d'élaboration présentent un grand intérêt. La détection n'est bien entendu intéressante que lorsqu'elle est suivie d'une intervention rapide, soit l'abattage du palmier ou bien son assainissement mécannique ou chimique.
 
LE PIEGEAGE & LA STRATEGIE "PUSH & PULL"
Le piégeage repose sur la phéromone nommée ferrugineol, une substance olfactive dite d’agrégation produite par les males. Elle attire les individus des 2 sexes et sert à la fois de signal sexuel et d’indicateur de site de vie favorable à la survie du ravageur.  Il s'agit d'un produit bon marché, stable et actif plusieurs mois. Il est généralement couplé avec les odeurs provenant du palmier et celles provenant de fruits fermentés. L’odeur de tissus blessés de palmiers, le kairomone (acétate d’éthyle), serait en effet synergique de cette phéromone, ainsi que celles émanant de liquides du type de la mélasse ou de fruits sucrés en fermentation (dattes, pommes…).  Des substituts plus stables à ces derniers produits sont à l’étude. Il s’agit d’une technique de contrôle des populations particulièrement adaptée à un contexte d’infestation massive, largement employée au moyen-orient, notamment à Abu Dhabi et en Arabie Saoudite. Son efficacité repose toutefois sur le respect d'un certain nombre de bonnes pratiques. Elles consistent tout d'abord dans la mise en place de ces pièges à une distance d’au moins 20 m des palmiers. Le nombre recommandé de pièges par hectare est d’une dizaine. Les données relatives à l’effet de la couleur sur les captures sembleraient montrer que les pièges noirs/sombres sont plus efficaces que les pièges colorés, le CRP ne percevant pas les couleurs mais les contrastes. 1/3 à ½ litre d’huile végétale est parfois disposé au fond du seau plutôt que de l’eau, ce qui permet une plus longue autonomie par forte chaleur. La présence d’eau et d’ombre serait toutefois importante en été, les pièges pouvant être par contre déplacés au soleil en hiver. L'intérêt du piégeage pourrait être renforcé par l'utilisation parallèle de répulsifs, un domaine en cours d'étude sous la dénomination "push & pull".
 
L'ABATTAGE & LA GESTION DES DECHETS
L’abattage présente un réel intérêt, du fait que la majorité de la population de charançons adultes femelles reste dans les palmiers infestés, tant que ceux-ci offrent les conditions alimentaires et écologiques nécessaires à la réalisation d’un nouveau cycle de reproduction. Lorsque les palmiers sont trop  infestés et n’offrent plus ces conditions, on assiste alors à une migration de toutes les femelles présentes qui envahissent les arbres situés à proximité. L’abattage est donc une méthode de contrôle efficace des populations, si elle est pratiquée à temps d'où l'importance d'une détection la plus précoce possible. Elle n’est toutefois en aucun cas une méthode d’éradication, car une petite partie des femelles avait déjà préparé le terrain en infestant les palmiers environnant. L'abattage pose par ailleurs le délicat problème de la gestion des déchets de la taille.  Afin d’éviter la dissémination d’insectes lors du transport des déchets vers une décharge, la solution désormais obligatoire en Europe est de broyer finement (et sur place) les déchets infestés. En ce qui concerne les palmeraies de dattiers, l’application du broyage obligatoire est souvent impossible, soit à cause du relief et de l’absence de viabilité, ou encore de son coût insupportable pour les propriétaires. Une solution peut consister à laisser sur place les déchets infestés et les traiter avec un insecticide. Eventuellement couplé à un piège à phéromone, ce genre de dispositif est particulièrement efficace dans les jours qui suivent l’abattage. Il s'agit d'une alternative intéressante aux problèmes techniques et écologiques que pose l'incinération. Une autre solution pourrait aussi consister, pour de nombreux pays méditerranéens, à immerger les déchets en mer. Une fois éliminées les parties infestées, la question de la gestion des stipes laissés en place reste controversée, suite à des cas de réinfestation ayant entrainé des chutes. Si ces cas semblent peu fréquents, ils posent toutefois de sérieux problèmes de sécurité en milieu urbain.

 

PREVENTION

ASPERSION D'INSECTICIDES CHIMIQUES
Les techniques d’aspersions d’insecticides chimiques ont montré une réelle efficacité, en matière de lutte préventive. Elles rencontrent cependant plusieurs obstacles. * Le principal réside dans la faible persistance des produits, ce qui conduit à renouveler les aspersions tous les mois. Or ces produits peuvent impacter de nombreuses espèces animales, sans parler des opérateurs qui les appliquent et de la population en milieu urbain. De nombreuses communes et propriétaires traitent cependant avec succès leurs palmiers de cette manière, en respectant un minimum de régles de sécurité.
* Le second problème est celui de la possible apparition de résistances aux insecticides chez les populations de ravageurs. A ce niveau, on peut envisager d'alterner les substances employées, en prenant en compte pour celà leur appartenance à 5 grandes familles. Un grand désordre règne toutefois dans ce domaine en matière règlementaire, qu'il s'agisse de la variation des produits autorisés d'un pays à l'autre ou encore des conditions d'accès à ces produits. 
* Des problèmes de phyto-toxicité peuvent enfin apparaitre chez les palmiers traités, notamment en cas de non-respect des doses utilisées.
Techniquement, l'aspersion demeure donc une méthode efficace. Elle peut être par ailleurs réalisée à de moindres frais en utillisant une lance d'arrosage télescopique couplée à une moto-pompe. Afin d'éviter la dispersion des produits dans l'environnement, il est plutôt conseillé de procéder à une aspersion par arrosage au sommet de l'arbre.
 
rhynchophorus ferrugineus
 
ASPERSION D'INSECTICIDES BIOLOGIQUES
Les avancées de la recherche mettent en cause les idées reçues et les présupposés idéologiques opposant lutte biologique et lutte chimique. Il est ainsi conseillé d’alterner l’usage des pesticides chimiques et biologiques, en ce qui concerne par exemple les vers parasites dits nematodes. Cette technique de lutte biologique est actuellement la seule autorisée à titre préventif. Commercialisé depuis 2009 auprès des collectivités comme des particuliers, ce produit (relativement) bon marché s’applique par un simple arrosage de la partie sommitale. La période d’application va de mars à novembre, du fait que la température interne du palmier doit être comprise entre 12°C et 35°C, durant le mois qui suit la pulvérisation. Il est par ailleurs conseillé, avant et après l’application, d’arroser le feuillage du palmier, afin de maintenir un taux d’humidité constant. En été, il est plutôt conseillé de procéder à un traitement chimique. Les nématodes doivent être conservés au froid jusqu'à leur utilisation (entre 8 et 12°). Le produit est dilué dans de l’eau et peut être appliqué facilement grâce à une simple lance d’arrosage. Il est pulvérisé sur la partie supérieure de l’arbre, à partir d’un mètre en dessous du feuillage, en insistant plus particulièrement sur la partie haute. Il faut agiter continuellement le mélange afin d'éviter que les nématodes se déposent au fond. L’opération doit être répétée au moins une fois par mois. L’usage des nématodes étant autorisé sans formalité particulière, il est possible pour les particuliers de les acheter en jardinerie ou directement sur Internet. Les nématodes sont généralement disponibles en 4 conditionnements : 50, 250, 500 ou 2500 millions. A titre indicatif, il faut une dose moyenne allant de 10 à 25 M par palmier, pour 10 à 20 litres d'eau.

Conditionnements disponibles sur le marché
NémaPalmier (BIOTOP)
Palmanem (KOPPERT)
Palma-Life (BIOBEST)

Illustration: video illustrant le matériel nécessaire à une application d'insecticides (chimiques ou biologiques) sur palmiers. Cette lance d'arrosage télescopique, qui permet de traiter jusqu'à 10 mètres de hauteur, coûte environ 200 euros, auxquel s'ajoute l'acquisition d'une pompe motorisée.

 

CURE

L'ASSAINISSEMENT MECANNIQUE
Popularisée par la Estacion Phoenix INRA de Elche (Espagne), cette méthode de cure des palmiers infestés permet l’éradication du foyer d’infestation tout en offrant une chance de survie à l’arbre. Il s'agit d'une taille sévère, qui conduit généralement à l’ablation de l’ensemble de la couronne foliaire. Ce genre de taille fait toutefois partie des techniques traditionnelles de culture de Phoenix canariensis pratiquées dans son habitat naturel, les îles Canaries, afin de pouvoir exploiter la sève de l’arbre, qui est ensuite transformée en miel. En ce qui concerne les palmeraies de dattiers, des pratiques similaires sont connues dans les oasis pour la production de vin de palme. Il est établi que ces pratiques séculaires n'affectent pas la survie de l'arbre. L’assainissement mécanique rencontre cependant plusieurs écueils, dont son coût élevé difficilement supportable pour les petits propriétaires et le fait que chez Phoenix dactylifera l’infestation se fait souvent à la base du stipe. Lorsque l’infestation a atteint un stade trop généralisé, l’assainissement rencontre par ailleurs ses limites, en l’occurrence une forte probabilité de ré-infestation. Il est par ailleurs nécessaire de procéder après l’assainissement à un double traitement, insecticide et antifongique.
 
Video FR 3 : mise en oeuvre de la technique d'assainissement dans la région PACA (INRA)
 
L'ASSAINISEMENT CHIMIQUE
Les avancées de la recherche en matière de lutte chimique offrent à présent de nouvelles perspectives pour les palmeraies ornementales, ainsi que pour les cultures vivrières de palmiers-dattiers. Il s'agit de l'injection d’insecticides dont la permanence est longue (de 6 mois à un an, suivant les produits utilisés). A la différence des aspersions, l'impact sur l’environnement est faible car les produits injectés restent confinés à l'intérieur du stipe du palmier. Ces méthodes ont été élaborées originellement dans le cadre d'une stratégie d'éradication. Leur usage répété pendant plusieurs années pourrait en effet conduire à affaiblir l'arbre suite à la multiplication des perforations et entrainer par ailleurs des phénomènes de résistance du ravageur. Leur utilisation ponctuelle est toutefois envisageable au niveau d'une palmeraie récemment infestée, afin "d'assainir" les palmiers éventuellement atteints. Plusieurs firmes et instituts proposent toutefois des solutions alternatives qui permettraient leur usage sur une longue durée.

Logo Actara Lien vers l'un des sites web de commercialisation de l'ACTARA, un insecticide multicultures destiné au traitement des parties aériennes dans la lutte contre les insectes piqueurs suceurs des pommiers, de la pomme de terre, des cultures légumières, du tabac et des PPAMC non alimentaires. Cet insecticide est aussi destiné à la lutte contre le doryphore sur aubergine, pommes de terre et tomate.
ACTARA est un produit largement commercialisé en Italie, où l'injection est une technique autorisée pour plusieurs autres substances. Sa substance active (thiamethoxam) possède une rémanence de 6 mois et se diffuse parfaitement dans le palmier, selon les chercheurs qui l'ont employé récemment à grande échelle à Tunis. L'injection se fait au moyen de 4 trous (d'une profondeur de 30 centimètres au maximum) pratiqués à hauteur d'homme avec une inclinaison vers le bas de 45°. Un injecteur (une simple seringue par exemple) est enfoncé bien hermétiquement dans le trou au moyen d'un maillet en caoutchouc, puis rempli d'une solution de 2,5g de produit dilués dans 10 cl d'eau. Cette technique d’injection présente 2 principaux avantages, son coût réduit (quelques euros par palmier) et son faible impact sur l’environnement (l’insecticide restant confiné dans le stipe auquel il ne cause aucun dommage par ailleurs).
 
Logo PursueLien vers le site de présentation du PURSUE, dénomination de l'Emamectine ommercialisée au Portugal pour des traitements relatifs aux ravageurs des pinèdes. La formulation propre aux palmiers est commercialisée sous le nom de REVIVE en France. 
A la différence de l’Espagne et de l’Italie, l’injection n’est autorisée en France que depuis janvier 2014, avec la mise sur le marché du REVIVE. Il s'agit d'une technique de micro injection similaire à celle de l'Actara, utilisant une substance dont la rémanence atteint un an, l'Emamectine benzoate. L'autorisation en France de ce produit vaut toutefois pour l'ensemble de la Zone Sud de l'Europe, comme le prévoit le Règlement Européen 1107/2009 en matière de reconnaissance réciproque (article 40). Il a été immédiatement mis en oeuvre en Espagne. Une demande d'autorisation a été déposée pour l'italie en octobre 2015.
En savoir plus
*Une alternative à la perforation : l'effet Venturi
Video: cette technique d'injection est développée depuis 2013 par l'Université de Padoue (Italie). L'injecteur est introduit par percussion entre les fibres. Lien vers la présentation scientifique: www.ncbi.nlm.nih.gov
*Injection en mode permanent: le procédé SOS PALM
Cette méthode d'injection est largement diffusée en Esapgne et en Italie. Site web italien: www.geasnc.eu

 

BIOCONTROLE

RAVAGEURS & BIOCONTROLE
Dans son environnement d'origine, les ravageurs rencontrent des antagonistes qui limitent leur propagation. Ils se répartissent en 8 familles: les virus, les bactéries, les champignons, les levures, les nématodes, les acariens, les insectes et les vertébrés. Actuellement, les recherches ont essentiellement porté sur les nématodes et les champignons entomopathogènes. Deux autres antagonistes ont toutefois fait l’objet de travaux similaires, relatifs à Paysandia archon et Rhynchophorus palmarum.
 
* Trichogrammes
Les Trichogrammes sont des Hyménoptères parasitoïdes, de la même famille que les abeilles ou les guêpes et de très petite taille, susceptibles de parasiter les pontes des ravageurs. Un Trichogramme mesure environ ½ mm ; c'est pourquoi on parle souvent de micro-guêpe ou Microhyménoptère. Biotop et l'INRA ont mis au point deux méthodes utilisant le Trichogramme :
-Lutte biologique contre la pyrale du maïs par le lâcher de Trichogramma brassicae.
-Lutte biologique contre certaines noctuelles (Héliothis, Chrysodeixis…) sur différentes plantes (maraîchères, ornementales…) par des lâchers de Trichogramma achaeae et Trichogramma brassicae. Web: biotop-solutions.fr
Biblio Palm Protect
FERRERO E., FOURCADE A., COLOMBEL E., VENARD M., BURADINO M., OLLIVIER L., TABONE E. 2015. Un parasitoïde oophage pour contrôler Paysandisia archon (Burmeister, 1880) (Lepidoptera  Castniidae)  le Trichogramme. Premier succès en laboratoire. In : Entomologie faunistique – Faunistic Entomology, 2015 68, 185-191. Link : popups.ulg.ac.be
CABROL B., COLOMBEL E., BURADINO M., GAGLIO F., MARTIN JC., TABONE E. 2014. Développement d’un programme de Lutte biologique contre le ravageur du palmier Paysandisia archon à l’aide de parasitoïdes oophages. In : INRA. Link : prodinra.inra.fr
 
* Tachinidae (tachinaires)
Cette grande famille de mouches regroupe plus de 10 000 espèces. Les larves sont des parasites d'insectes, d'arthropodes ou d'autres animaux. La femelle dépose ses œufs (un ou plusieurs) sur, à l'intérieur ou encore dans l'environnement de l'hôte. La larve se développe généralement à l'intérieur de celui-ci.
Biblio Rhynchophorus palmarum
MOURA J I L., TOMA R, SGRILLO R B., DELABIE J.H.C. 2006. Natural Efficiency of Parasitism by Billaea rhynchophorae (Blanchard) (Diptera: Tachinidae) for the Control of Rhynchophorus palmarum (L.) (Coleoptera:  Curculionidae). Link : www.scielo.br
MOURA J I L., MARIAU D., DELABIE J.H.C. 1993. Eficiência de Paratheresia menezesi. Townsend (Diptera: Tachinidae) no controle biolôgico natural de. Rhynchophorus palmarum (L.) (Coleoptera: Curculionidae). Link: www.ceplac.gov.br
En savoir plus : Tableau simplifié des antagonistes de Rhynchophorus sp.

Groupe
Genre
Espèce
Rhynch Sp
Virus
Cypovirus
sp.
ferrugineus        
Bactéries
Bacillus
laterosporus         
ferrugineus        
 
 
megaterium
ferrugineus        
 
 
sphaericus
ferrugineus        
 
 
thuringiensis
ferrugineus        
 
Pseudomonas
aeruginosa
ferrugineus        
 
Serratia
marcescens
ferrugineus        
Champignons
Aspergillus
sp.
ferrugineus        
 
Beauveria
bassiana
ferrugineus        
 
Fusarium
sp.
ferrugineus        
 
Metarhizium
anisopliae
ferrugineus        
 
 
pingshaense
ferrugineus        
 
Penicillium
sp.
ferrugineus        
 
Trichothecium
sp.
ferrugineus        
Levures
 
 
ferrugineus        
Nématodes
Heterorhabditis
bacteriophora
ferrugineus        
 
 
indica
ferrugineus        
 
Praecocilenchus
rhaphidophorus
bilineatus
 
 
ferruginophorus
ferrugineus        
 
Steinernema
abbasi
ferrugineus        
 
 
glaseri
ferrugineus        
Acariens
Aegyptus
alhassa
ferrugineus        
 
 
rynchophorus
ferrugineus        
 
 
zaheri
ferrugineus        
 
Fascuropoda
marginata
ferrugineus        
 
Hypoaspis
sardoa
ferrugineus        
 
Iphidosoma
sp.
ferrugineus        
 
Parasitis
zaheri
ferrugineus        
 
Rhynchopolipus
rhynchophori
ferrugineus        
 
 
brachycephalus
phoenicis
 
 
swiftae
ferrugineus        
Insectes
Anisolabis
maritima
ferrugineus        
 
Chelisoches
morio
ferrugineus        
 
Euborellia
annulipes
ferrugineus        
 
Platymeris
laevicollis
ferrugineus        
 
Xylocorus
galactinus
ferrugineus        
 
Xanthopygus
cognatus
palmarum
 
Sarcophaga
fuscicauda
ferrugineus        
 
Billea
rhynchoporae
palmarum
 
 
maritima
ferrugineus        
 
 
menezesi
palmarum
 
Megaselia
scalaris
ferrugineus        
 
Scolia
erratica
ferrugineus        
Vertébrés
Centropus
sinensis
 
 
Dendrocitta
vagabunda
parvula
 
 
Pica
pica
 
 
Apodemus
sylvaticus
 
 
Rattus
rattus
 
Extrait de : MAZZA et alii 2014. An overview on the natural enemies of Rhynchophorus palm weevils, with focus on R. ferrugineus. Link :  http://www.researchgate.net/

 

EVALUATION

ELEMENTS D'ANALYSE DE L'ECHEC DES POLITIQUES DE LUTTE

L’échec des politiques de lutte mises en œuvre en Europe depuis l’apparition du ravageur des palmiers, Rhynchophorus ferrugineus, n’a pas encore fait l’objet d’une analyse complète. L’absence d’évaluation de ces politiques publiques par des organismes d’audit indépendants, est surprenante, alors que le coût de l'abattage (à charge des particuliers pour l'essentiel) se monte à des centaines de millions d'euros.  Voici ci-dessous les observations que nous avons rassemblées à propos de la mise en oeuvre des principales préconisations de Lutte Obligatoire.
 
1. Etat des lieux
Notre incapacité à gérer les crises sanitaires pose des problèmes qui semblent devenir récurrents : victimes de l’amiante, crise de la vache folle, gestion de la grippe aviaire, etc. Nous nous proposons ci-dessous d’analyser la crise liée aux ravageurs des palmiers en Europe du Sud, du point de vue de l’incapacité des pouvoirs publics à gérer, évaluer et arbitrer les logiques des acteurs concernés. Cette incapacité repose en effet, selon nous, sur une profonde méconnaissance de la dynamique des logiques d’acteurs, pourtant théorisée depuis longtemps par les sociologues. Notre analyse porte sur la mise en œuvre effective des plans régionaux de lutte en Espagne, en Italie et en France, au travers des évaluations disponibles, et d’observations de terrain et de réseaux. L’absence d’un véritable audit indépendant et réactif de ces politiques publiques pose par ailleurs un réel problème, au vu des sommes dépensées qui se montent désormais à plusieurs centaines de millions d’euro.
 
Une crise sanitaire largement anticipée mais un risque sous-évalué
La progression du ravageur dans le bassin méditerranéen est lente. Elle s’étale sur une vingtaine d’années, au Moyen-Orient et en Espagne tout d’abord puis sur la rive nord et désormais au Maghreb.

Des recherches sont initiées en Espagne dès l’arrivée du ravageur dans ce pays en 1995. Dès 2001, les résultats des premières recherches sont publiés sous l’impulsion des pays producteurs de dattes (Second International Conference on Date Palms, Al-Ain, UAE, March 25-27, 2001. Bibliographie: http://www.pubhort.org/datepalm/index2.htm).
Dès cette époque, ces recherches ont cerné les principales techniques de lutte, et proposé de les associer sous le concept de Lutte Intégrée. Ce n’est pourtant qu’entre 2007 et 2010, qu’une stratégie intégrée de lutte est élaborée au niveau communautaire (européen). Elle repose sur les principes suivants, fondés sur trois piliers :
*Surveillance des palmiers pour une détection la plus précoce possible de la présence du ravageur (piégeage, fenêtres d'observation, utilisation de nacelles, etc)
*Prévention des infestations et ré infestations des palmiers sains en zone contaminée par des traitements chimique/biologique
*Gestion des palmiers contaminés avec la possibilité pour le propriétaire de choisir entre la destruction totale du palmier ou l’assainissement mécanique du foyer si le palmier est encore récupérable et dans ce cas, protection chimique du palmier après l’intervention.
Or c’est à ce moment (entre 2007 et 2010), que le charançon s’installe sur l’ensemble de la Rive Nord de la Méditerranée, et fait son apparition au Maghreb. Ces dix années perdues vont se révélées déterminantes dans son expansion, comme le montre le calendrier général de l’échec des politiques de lutte établi ci-dessous à partir des données communes à ces différents pays.
 
Calendrier général de l’échec des politiques de lutte
Voici un essai de calendrier de l’infestation observé de manière concordante en France, Espagne et Italie, à des dates différentes :
[année 0]
– détection des premiers palmiers infestés
– abattage systématique des palmiers infestés pris en charge par la mairie tant pour ses palmiers que pour les palmiers des particuliers
[années 1-3]
– augmentation lente du nombre de palmiers infestés
[années 4-7]
– augmentation exponentielle suivie par la croissance de la population de CRP ;
– à partir de ce moment, les mairies n’ont plus les moyens de suivre ni budgétairement ni techniquement et abandonnent les particuliers à leur sort ;
– les palmiers des particuliers ni traités ni assainis se transforment en foyers virulents de multiplication et dispersion du ravageur ;
– les mairies n’arrivent même plus à protéger ou assainir leurs propres palmiers ;
– la dégradation du patrimoine paysager devient de plus en plus rapide et irréversible. 
Les informations recueillies ci-dessous montrent que la stratégie obligatoire de lutte n’a pas été mise en œuvre de manière systématique. En règle générale, c’est le seul abattage qui a prévalu. Cette étude cherche à en comprendre les raisons.
 
2. Sociologie des organisations et typologie des acteurs
L’échec des politiques de lutte est abordé ici au travers de la «sociologie des organisations» et de la théorisation des «logiques d'acteurs». Le fonctionnement des organisations obéit en effet à la fois à des règles qui leur sont propres, mais aussi aux stratégies qu’élaborent leurs acteurs en fonction de leurs propres intérêts.
* Appelée «systémique», l’analyse des organisations s’attache aux règles institutionnelles, qui constituent un système normatif et contraignant pour leurs acteurs.
* L’étude des «stratégies» (dites ‘logiques d’acteurs’) fait référence à la marge de manœuvre dont disposent les individus, laquelle définit l'étendue de leur pouvoir (analysé en terme de «statut»).
Cette approche se propose donc d’essayer de comprendre la superposition de ces logiques et de leurs interactions. Par commodité, le terme d’acteur sera employé indifféremment dans son sens sociologique et dans son sens commun. Il pourra donc aussi bien désigner (sauf précision contraire) une organisation que les individus qui en font partie.

Les autorités administratives
*Autorités sanitaires
La problématique de lutte a été mise en œuvre dans le cadre des autorités sanitaires, européennes et nationales, donc dans une logique de type agricole classique, peu adaptée à des cultures ornementales.
*Collectivités territoriales
Les plans de lutte ont été déclinés régionalement, au niveau des collectivités territoriales. Les fondements de leurs actions relèvent d’une double logique, à la fois juridique (normative) mais aussi d’arbitrage au service de l'intérêt général. Ces logiques sont toutefois rarement neutres, ni impartiales, du fait de la forte implication des collectivités territoriales dans le jeu des acteurs locaux.
Les acteurs économiques
*Pépiniéristes et importateurs
*Jardiniers paysagistes
*Promoteurs et professionnels du tourisme
Pour les acteurs économiques, la Nature étant une ressource, leurs logiques sont celles de l’offre et de la demande, c’est-à-dire du profit à court ou moyen terme. Elles possèdent donc une dimension fortement individualiste, mais elles se coordonnent aussi au travers de leurs organisations professionnelles respectives. D’autant que les enjeux économiques (non réellement évalués) sont particulièrement conséquents.
Les associations citoyennes et les médias
*Protection du cadre de vie
*Protection de l'environnement
*Ecologie sociale et politique
Les logiques de ces acteurs possèdent une autonomie limitée, et très souvent instrumentalisée. Ces instrumentalisations se rattachent le plus souvent à des enjeux d’ordre économique et politique.
Les acteurs de la recherche
*Laboratoires publiques
*Laboratoires privés
Le discours scientifique répond à des logiques qui relèvent à la fois du cadre national de la recherche (dominant en termes de financement), ainsi que des règles internationales propres à leur évaluation. Il interfère aussi avec des logiques écologiques et environnementales, fortement perméables à des enjeux d’ordre économique et politique, voire médiatique.
Les acteurs privés
*les propriétaires de palmiers,
*les Jardins Historiques
Ces acteurs ont généralement été tenus à l’écart de l’élaboration des plans d’action ainsi que de leur mise en œuvre et de leur évaluation. Leurs logiques sont aux antipodes des politiques phytosanitaires à dominante agricole. Elles relèvent plutôt de préoccupations paysagères, environnementales ou patrimoniales.
 
3. Premières conclusions
La multiplicité des acteurs et l’empilement des niveaux
Les acteurs concernés interviennent dans un grand nombre de sphères très diverses, allant de la gestion sanitaire à celle du paysage. Certains agissent directement sur le terrain et d’autres de manière indirecte par leurs décisions. L’extrême diversité de ces niveaux d’intervention donne aux acteurs une grande marge de manœuvre dans le développement de leurs stratégies respectives. Une telle situation a rendu particulièrement difficile l’arbitrage institutionnel, dans sa mission de légiférer, d’organiser, de contrôler ainsi que de donner un accès à d’éventuelles subventions.
 
Le cadre local des interactions et les conflits d’intérêt
C’est au niveau régional et local que s’articulent les stratégies mises en œuvre par les différents acteurs, autour d'enjeux et d’intérêts communs ou antagonistes. L’identification des conflits est particulièrement essentielle à ce niveau, si l’on veut éviter l’écran consensuel que les acteurs locaux mettent en place en direction de toute évaluation venant de l'extérieur. Des politiques d’audit indépendant, fondées sur des démarches participatives d’autoévaluation, sont généralement employés dans ce type d’approche inspirée des ‘démarches qualité’. Elles reposent sur la mise en place de Comités de Pilotage qui vont édicter des «bonnes pratiques» consensuelles.
 
La gestion des acteurs et des résistances au changement
Les décisions imposées par une organisation rencontrent souvent des réticences de la part des acteurs concernés, du fait de changements pouvant remettre en question des valeurs communes ou des acquis sociaux. Pour être efficace, la gestion du changement doit être accompagnée afin d’agir dans les principaux domaines que les acteurs attribuent à leur activité. Il s’agit pour l’essentiel des principes suivants:
-La logique de ‘sens’ et ‘d’utilité’ que les acteurs attribuent à leurs actions,
-La notion symbolique de ‘valeur’, qui peut être très différente de celle ‘d’utilité’,
-La logique de ‘reconnaissance’, laquelle repose sur la liberté d’action (dite ‘marge de manœuvre’) laissée à l’acteur en tant qu’individu,
-La logique de ‘stimulation’ (ou concept de ‘statut’), c’est-à-dire la mise en avant des bénéfices que les acteurs peuvent obtenir de leur investissement.
 
Le cadre national et local des stratégies
Le cadre national s’est immédiatement imposé comme déterminant dans le recueil et le traitement des données comme dans la mise en œuvre des politiques de lutte, et ce malgré le caractère international de la recherche et le pilotage européen de ces politiques. Cette dimension contradictoire ressort plus particulièrement de leur déclinaison en Plans de Lutte Régionaux. Au bas de cette organisation pyramidale, les collectivités territoriales ne sont toutefois pas du tout prêtes ni disposées à exercer une forte pression politique et citoyenne.
 
Des logiques agricoles aux logiques patrimoniales
Le traitement du RPW a fait l'objet (au niveau institutionnel) d'un traitement relevant d’une logique 'agricole'. Les administrations concernées ont ainsi réagi dans un premier temps au problème posé aux pépiniéristes. Elles ont toutefois été incapables d’empêcher le contrôle des importations de plantes infestées. Cette ‘logique agricole’ a aussi fait perdre la dimension patrimoniale d’arbres qui ne finissent pas dans l'assiette du consommateur, mais dans l’ornement de leurs villes et de leurs jardins. Les logiques de ces acteurs ne sont pas agricoles: les espaces verts par exemple (qui ont des logiques institutionnelles totalement différentes, avec notamment une dimension électorale) et les particuliers (lesquels sont des acteurs hors-institutions, mais cependant liés eux aussi aux prises de décisions des politiques en tant qu'électeurs voire clients).
 
Des experts « auto-proclamés » à la mise en commun des expertises
Cette crise est, comme bien d’autres, révélatrice d’un phénomène de société lié à l’omniprésence de l’expertise et de l’audit dans les prises de décisions. Elle relève de la spécialisation toujours croissante dont le problème des palmiers offre une illustration exemplaire, avec la nécessité de faire collaborer des entomologues, des botanistes, des agronomes, des écologues, des chimistes, etc. Aucun de ces experts n’est en fait légitime à lui seul, alors que dans le même temps l’expertise devient accessible à tous par sa large diffusion sur le web. Pour sortir de cette impasse, il serait souhaitable à notre avis de réintroduire de l’ingénierie (avec des expertises beaucoup plus collégiales), ainsi que de favoriser le plus largement possible des initiatives de type «science participative».
 

4. Observations relatives à la mise en oeuvre des principales préconisations de Lutte Obligatoire 
Voici quelques exemples, relevés de manière récurrente dans diverses régions en France et en Italie, qui montrent que (dans les faits) les préconisations de lutte obligatoire sont soit contournées, ou tout simplement pas appliquées.
* Elagage en saison interdite
Nombre de communes ont fait régulièrement procéder à l’élagage des palmiers du domaine public en plein été, et ce à plusieurs reprises. Or, les blessures provoquées par ces élagages sont connues pour attirer le ravageur. On a même relevé des élagages qui ont laissé sur pied (au voisinage immédiat) des palmiers arrivés au dernier stade de l’infestation.
Bordighera Via dei Colli* Absence de traitement (par assainissement) des palmiers infestés
Les palmiers, privés mais aussi publics, sont fréquemment laissés à un stade avancé d’infestation sans intervention. Les Services des Espaces Verts annoncent alors qu’il n’est pas possible de procéder à l’assainissement mécannique préconisé, car le palmier est trop infesté.
* Absence de traitements chimiques
L’aspersion préventive des palmiers dans les zones infestées est obligatoire. Une liste des produits autorisés à cet usage est largement diffusée. Sur le terrain, les communes ne les mettent pas en œuvre, sous prétexte entre autres des risques pour la population mais aussi du fait de leur coût élevé. Seuls quelques privés l’appliquent à leurs frais, sous l’incitation de leurs jardiniers. Les traitements par injection, lorsqu’ils sont autorisés, ne sont guère plus mis en œuvre bien que leur impact sur l’environnement soit extrèmement faible de même que leur coût.
* Absence de traitements biologiques
De nombreuses municipalités communiquent sur la lutte biologique par nématodes. Des démonstrations publiques ont même lieu, pour la presse et la télévision. Dans la foulée, on annonce régulièrement le prochain traitement par drones au moyen d’un autre insecticide biologique, des champignons entomopathogènes. En réalité, ces champignons ne sont toujours pas autorisés, de même que les épandages aériens. Quand aux nématodes, ils ne sont le plus souvent même pas en vente dans les jardineries, ce qui suffit à montrer que très peu de monde les utilise en réalité.
Massa map online RPW* Imprécision des statistiques
Il est fréquent qu’aucun recensement des palmiers ne soit effectué par les mairies sur le territoire communal. Lorsque des chiffres sont fournis à la presse, ils demeurent le plus souvent approximatifs. Les mêmes imprécisions ont été relevées, à plusieurs reprises, en ce qui concerne les statistiques de l’infestation. Il est pourtant facile aujourd'hui de mettre en ligne des cartographies géolocalisées, comme le montre ci contre le rare exemple de la ville italienne de Massa.
* Substitution des palmiers infestés
La substitution des palmiers infestés par de nouveaux palmiers est mentionnée dans plusieurs régions italiennes. Non inscrite dans les Plans de Lutte, elle concerne paradoxalement des espèces qui sont la liste européenne des palmiers menacés. Il s’agit par ailleurs généralement de jeunes plants, particulièrement vulnérables donc à une attaque par le ravageur, lequel pourrait trouver ici l’occasion de commencer à diversifier ses cibles.
Termini Imerese (Sicilia 2014)* Abandon de la lutte obligatoire
En off, et parfois même dans les médias, des acteurs institutionnels de la lutte apellent à l'abandon de son caractère obligatoire. Ces appels sont motivés par l’échec des politiques de lutte et leur coût exorbitant pour les communes et leurs contribuables. Elles visent aussi (plus ou moins explicitement) à faire reporter sur les particuliers la responsabilité d’éventuels accidents dus à la chute d’arbres infestés, notamment suite à un décès survenu en Italie en 2014.
 
5. Gallerie: palmiers infestés laissés sans intervention, chutes de parties sommitales et décharges sauvages à Bordighera (hiver 2013-2014)
Ces photos ont été prises 6 ans après le début de l’infestation. Ce genre de situation est commune à l’ensemble des régions touchées par le ravageur, lorsqu’elles arrivent à ce stade d’infestation.

 
 

 

 

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