Lutte

Integrated Pest managment IPMIll. Tableau hiérarchisé des 4 piliers de la lutte intégrée.
1. Gestion des plantations
2. Controle des populations
3. Lutte chimique
4. Lutte biologique
(Source: V. Soroker – Palm Protect)
 
INTEGRATED PEST MANAGEMENT (IPM). Les recherches conduites depuis prés de 30 ans ont conduit à mettre au point diverses techniques de lutte. Aucune ne permet toutefois (à elle seule et à ce jour), de régler le problème de manière satisfaisante. Recommandée (mais rarement mise en oeuvre) dès les premières années de l’infestation, la stratégie dite de "Lutte Intégrée" (Integrated Pest Management = IPM) vise à les associer. Les progrès récents en matière de lutte biologique et chimique relancent son intérêt, dans un contexte où l’infestation a conduit à la dissémination d’importantes populations de ravageurs. Les principes de base de la Lutte Intégrée sont les suivants: bonnes pratiques de gestion des plantations, contrôle des populations, lutte préventive et curative, évaluation permanente des résultats. Les pages qui suivent donnent un accès documenté aux principales avancées en la matière. Leur commentaire repose aussi sur les retours d’expériences collectés auprès des membres de notre réseau de jardins botaniques.
EN SAVOIR PLUS SUR LA LUTTE INTEGREE
La cartographie de l’infestation est un élément important de la Stratégie de Lutte Intégrée. Ici notre carte interactive du suivi de l’infestation de P. dactylifera à Bordighera (Italie)

GESTION

GESTION DES PALMIERS: & BONNES PRATIQUES 
La prévention concerne avant tout la gestion de la taille des arbres. L'idéal serait de la limiter à la seule taille des feuilles sèches. La taille des feuilles vertes entraine en effet une émission d’odeurs susceptible d’attirer cet insecte doté d’un odorat très sensible. Les tailles éventuelles devraient n'avoir lieu qu'en saison froide (janvier) et limiter au maximum la présence de bases pétiolaires, porte d’entrée du ravageur au niveau de la couronne foliaire.
*Phoenix dactylifera
Chez le palmier dattier l’infestation peut aussi avoir lieu dans les rejets situés à la base, d'autant que le charançon se déplace souvent au niveau du sol. Une ponte à ce niveau peut entraîner par la suite une diffusion des larves dans le stipe central. Une mesure de prévention simple consiste à éliminer les rejets et à "lisser" les jeunes stipes, ce qui limite les possibilités offertes au charançon de trouver un abri à ce niveau. Les rejets taillés doivent par contre être soigneusement détruits (ou traités) pour éviter leur éventuelle infestation. Il est impératif par ailleurs de traiter les blessures de taille avec un mastic approprié et de désinfecter les outils entre chaque taille.

LA DETECTION PRECOCE DES PALMIERS INFESTES
La détection de l'infestation concerne à la fois les importations de palmiers et la surveillance des plantations. Les techniques de détection accoustique ou olfactive semblent plutôt adaptées, dans leur état actuel, au contrôle sanitaire des importations et à la gestion des pépinières. En ce qui concerne les plantations, la détection précoce des palmiers infestés (avant l'effondrement de la couronne foliaire) est particulièrement importante chez le palmier des Canaries. Arrivé à ce stade, ce palmier peut en effet abriter plusieurs centaines d'insectes. La détection est actuellement visuelle, ce qui limite son efficacité. Des fenêtres d'inspection peuvent être pratiquées afin de détecter la présence de cocons à la base des feuilles. Il est dans ce cas impératif de traiter les blessures avec un mastic approprié, voire de procéder à un traitement insecticide.
*Phoenix dactylifera.
Ill : essai de typologie des modalités d’infestation du palmier dattier (Monaco 2016)
Pour le palmier dattier, l'infestation est particulièrement difficile à détecter comme le montre nombre de cas de chutes de ces palmiers encore munis de toutes leurs feuilles. L'effondrement de feuilles vertes fait partie des rares symptômes visibles, ainsi que la présence de feuilles rongées en biseau. Il est là aussi possible de procéder à l’ouverture régulière de fenêtres d’inspections, afin de déceler les galeries creusées par le ravageur à la base des feuilles lors de sa remontée en surface. La détection précoce n'est intéressante que lorsqu'elle est suivie d'une intervention rapide, soit l'abattage du palmier ou bien son assainissement mécannique ou chimique. Il faut toutefois noter que l'assainissement chimique (injection de pesticide dans le stipe), ne fait pas partie des dispositifs agréés au niveau européen.
 
ABATTAGE & GESTION DES DECHETS
L’abattage présente un réel intérêt, du fait que la majorité de la population de charançons adultes femelles reste dans les palmiers infestés, tant que ceux-ci offrent les conditions alimentaires et écologiques nécessaires à un nouveau cycle de reproduction. Lorsque les palmiers sont trop  infestés, on assiste à une migration massive. L’abattage est donc une méthode de contrôle intéressante des populations, si elle est pratiquée à temps d'où l'importance d'une détection la plus précoce possible. L’abattage n’est toutefois en aucun cas une méthode d’éradication, car une petite partie des ravageurs avait déjà préparé le terrain en infestant les palmiers environnant. L'abattage pose par ailleurs le délicat problème de la gestion des déchets de taille.  Afin d’éviter la dissémination d’insectes lors du transport des déchets vers une décharge, la solution obligatoire en Europe est de broyer finement (et sur place) les déchets infestés. En ce qui concerne les palmeraies de dattiers, l’application du broyage obligatoire est souvent impossible, soit à cause du relief et de l’absence de viabilité, ou encore de son coût insupportable pour les propriétaires. Outre l'incinération, une solution peut consister à laisser sur place les déchets infestés et les traiter avec un insecticide, éventuellement couplé à un piège à phéromone. Une autre solution pourrait aussi consister, pour le littoral méditerranéen, à immerger les déchets en mer. Une fois éliminées les parties infestées, les stipes laissés en place peuvent par ailleurs être réinfestés, et entrainer des chutes qui posent de sérieux problèmes de sécurité en milieu urbain. Le ravageur peut enfin infester aussi des déchets de stipes de palmiers, effondrés ou abattus et laissés sur la parcelle.

 

PIEGEAGE

LE PIEGEAGE MASSIF
Le piégeage repose sur la phéromone nommée ferrugineol, une substance olfactive dite d’agrégation produite par les males. Elle attire les individus des 2 sexes et sert à la fois de signal sexuel et d’indicateur de site de vie favorable à la survie du ravageur. Il s'agit d'un produit bon marché, stable et actif plusieurs mois. Il est généralement couplé avec les odeurs provenant du palmier et celles provenant de fruits fermentés, ce qui augmente significativement leur efficacité. L’odeur des tissus blessés de palmiers, le kairomone (acétate d’éthyle), serait en effet synergique de cette phéromone, ainsi que celles émanant de liquides du type mélasse ou de fruits sucrés en fermentation (dattes, pommes…). Des substituts plus stables à ces derniers produits sont désormais commercialisés. Le piégeage massif est une technique de contrôle des populations largement employée au moyen-orient. Son efficacité repose impérativement sur le respect d'un certain nombre de bonnes pratiques. Elles consistent tout d'abord dans la mise en place de ces pièges à une distance d’au moins 20 (voire 50) mètres des palmiers. Le nombre recommandé de pièges par hectare est d'une quinzaine (2 à 4 pièges par hectare pouvant suffire lorsque le piégeage est associé à d'autres techniques de lutte). Les données relatives à l’effet de la couleur sur les captures sembleraient montrer par ailleurs que les pièges noirs/sombres sont plus efficaces que les pièges colorés, le ravageur ne percevant pas les couleurs mais les contrastes. 1/3 à 1/2 litre d’huile végétale est parfois disposé au fond du seau plutôt que de l’eau, ce qui permet une plus longue autonomie par forte chaleur. La présence d’eau et d’ombre semblerait toutefois importante en été, les pièges pouvant par contre être déplacés au soleil en hiver.
 
LE PIEGEAGE AMELIORE
Le piégeage massif est fortement limité par un problème de maintenance, les pièges devant être relevés et vidés régulièrement. Plusieurs  solutions alternatives sont régulièrement évoquées à ce sujet.
* La première (et la plus documentée à ce jour) est relative à des expérimentations de pièges infestants. Il s’agirait de coupler au piégeage la présence de champignons entomopathogènes, afin de relacher ensuite des insectes infestants. Son intérêt est renforcé par la mise récente sur le marché de plusieurs souches de ces champignons.
* La seconde technique (peu documentée) est celle du piège du type employé pour les moustiques, qui provoque la mort instantanée de l’insecte capturé. Outre l’absence de maintenance, elle présente l’avantage de relâcher dans la nature des cadavres susceptibles d’intéresser des prédateurs.
* L'intérêt du piégeage massif pourrait être grandement renforcé d’autre part avec l'utilisation parallèle de répulsifs. Il s’agit là encore d’un domaine en cours d'étude, sous la dénomination "push & pull", et qui n’a pas fait l’objet d’évaluations d’ordre expérimental.
En ce qui concerne l'Europe, le piégeage massif rencontre un autre obstacle : la règlementation l’interdit. Il n’est toutefois pas précisé pour quelles raisons, et la notion de piégeage massif n’est par ailleurs pas clairement définie. Le piégeage est en fait autorisé seulement comme indicateur d’infestation, alors que les pièges sont paradoxalement en vente libre dans les jardineries.

 

LUTTE CHIMIQUE

APPLICATIONS D'INSECTICIDES CHIMIQUES
*Les techniques d’aspersions d’insecticides chimiques ont montré une réelle efficacité, en matière de lutte préventive. Elles rencontrent cependant plusieurs obstacles. Le principal réside dans la faible persistance des produits, ce qui peut conduire à renouveler les aspersions tous les mois pour des palmiers très sensibles comme le Phoenix canariensis. Ces produits peuvent par ailleurs impacter de nombreuses espèces animales, sans parler des opérateurs qui les appliquent et de la population en milieu urbain. De nombreux propriétaires (et aussi quelques communes) traitent cependant avec succès leurs palmiers de cette manière, en respectant un minimum de régles de sécurité. Techniquement, l'aspersion demeure donc une méthode efficace. Elle peut être par ailleurs réalisée à de moindres frais en utillisant une lance d'arrosage télescopique couplée à une moto-pompe, ou une installation à demeure de tubes fixes. Afin d'éviter la dispersion des produits dans l'environnement, il est conseillé de procéder à une diffusion lente par arrosage au sommet de l'arbre, plutôt qu’à une pulvérisation.
* La lutte chimique pose par ailleurs le problème de la possible apparition de résistances aux insecticides chez les populations de ravageurs. A ce niveau, on peut envisager d'alterner les substances employées, en prenant en compte pour celà leur appartenance à 5 grandes familles. Un grand désordre règne toutefois dans ce domaine en matière règlementaire, qu'il s'agisse de la variation des produits autorisés d'un pays à l'autre ou encore des conditions d'accès à ces produits. Des problèmes de phyto-toxicité peuvent aussi apparaitre chez les palmiers traités, notamment en cas de non-respect des doses utilisées. Les gestionnaires de palmeraies et les laboratoires de recherche possèdent en ce domaine une réelle expertise, qu’il serait utile d’évaluer et de divulguer. Ci-dessous une liste indicative (Source: Victoria Soroker – Palm Protect)

rhynchophorus ferrugineus

 

BIOCONTROLE

RAVAGEURS & BIOCONTROLE
Dans leur environnement d'origine, les ravageurs rencontrent des antagonistes qui limitent leur propagation. Ils se répartissent en 8 familles: les virus, les bactéries, les champignons, les levures, les nématodes, les acariens, les insectes et les vertébrés. Actuellement, les recherches ont essentiellement porté sur les nématodes et les champignons entomopathogènes. Deux autres antagonistes ont toutefois fait l’objet de travaux similaires, relatifs à Paysandia archon et Rhynchophorus palmarum. Les avancées de la recherche mettent en cause les idées reçues et les présupposés idéologiques opposant lutte biologique et lutte chimique. Il est ainsi obligatoire en Europe d'alterner l’usage des pesticides chimiques et biologiques, en ce qui concerne les nématodes. Plus fondamentalement, les chercheurs et les gestionnaires de palmeraies sont bien conscients que la lutte chimique n’est qu’une panacée limitée dans le temps. Seules deux techniques de lutte biologique existent toutefois actuellement à titre préventif.
NEMATODES
En vente libre en jardinerie ou sur Internet depuis 2009, ce produit (relativement) bon marché s’applique par un simple arrosage de la partie sommitale. La période d’application va de mars à novembre, du fait que la température interne du palmier doit être comprise entre 12°C et 35°C, durant le mois qui suit la pulvérisation. Il est par ailleurs conseillé, avant et après l’application, d’arroser le feuillage du palmier, afin de maintenir un taux d’humidité constant. En été, il est obligatoire de procéder à un traitement chimique. Les nématodes doivent être conservés au froid jusqu'à leur utilisation (entre 8 et 12°). Le produit est dilué dans de l’eau et peut être appliqué facilement grâce à une simple lance d’arrosage. Il est pulvérisé sur la partie supérieure de l’arbre, en insistant plus particulièrement sur la partie haute. Il faut agiter continuellement le mélange afin d'éviter que les nématodes se déposent au fond. L’opération doit être répétée au moins une fois par mois. A titre indicatif, il faut une dose moyenne allant de 10 à 25 M par palmier, diluée dans 10 à 20 litres d'eau

Illustration: video illustrant le matériel nécessaire à une application d'insecticides (chimiques ou biologiques) sur palmiers. Cette lance d'arrosage télescopique, qui permet de traiter jusqu'à 10 mètres de hauteur, coûte environ 200 euros, auxquel s'ajoute l'acquisition d'une pompe motorisée.
 
CHAMPIGNONS
Beauveria bassiana (Bals.-Criv.) Vuill. (1912)
Le genre Cordyceps comprend de nombreuses espèces parasites des insectes. Beauveria bassiana, champignon cosmopolite, vit dans le sol et parasite les insectes volants, les insectes du sol étant résistants, et provoquant la maladie appelée muscadine. Les spores du champignon en germant se développent dans l'insecte jusqu'à la mort de celui-ci. Ensuite le mycélium se développe à l'extérieur du cadavre. Ce champignon est utilisé comme insecticide dans les bananeraies et les palmeraies. Il peut-être aussi utilisé avec succès contre le charançon rouge du palmier (Rhynchophorus ferrugineus) qui ravage la côte méditerranéenne, si la souche a été isolée de coléoptère. Sur notre territoire, ce sont surtout les larves de doryphores, charançons et hannetons qui sont affectées les Beauveria. La pyrale du maïs dans le Bassin Parisien ainsi que tordeuses de la vigne et des arbres fruitiers sont aussi sensibles à ce type de champignon.  Beauveria bassiana possède donc un spectre très large de cibles. L’étude ci-dessous, réalisée dans le sud de la France, concerne son impact sur les abeilles.
En savoir plus : MEIKLE W.G., MERCADIER G., HOLST N., NANSEN C., GIROD V. 2008. Impact of a treatment of Beauveria bassiana (Deuteromycota: Hyphomycetes) on honeybee (Apis mellifera) colony health and on Varroa destructor mites (Acari: Varroidae). Apidologie, Springer Verlag, 2008, 39 (2), pp.247-259. Link :
Il existe de nombreuses souches de ce champignon. La bibliographie qui suit concerne les souches développées en Espagne par l’Université d’Alicante, actuellement commercialisées par la firme GLEN BIOTECH. Elles rendent compte (au travers d’articles publiés dans des revues scientifiques de premier plan), d’une série d’études expérimentales menées en condition de terrain.
*LOPEZ-LLORCA L.V. 2017. Role of B. bassiana on Plant Defence, Biocontrol and Insect Behaviour modification. 29-31 March 2017, Italy, High-Level Meeting on Red Palm Weevil Management. Link :  fao.org
* JALINAS et alii 2015. Acoustic Assessment of Beauveria bassiana (Hypocreales Clavicipitaceae) Effects on Rhynchophorus ferrugineus (Coleoptera Dryophthoridae) Larval Activity and Mortality. Link : researchgate
* RICAÑO J., GÜERRI-AGULLÓ B., M.J. SERNA-SARRIÁS, RUBIO-LLORCA G., ASENSIO L., BARRANCO P., LOPEZ-LLORCA L. V. 2013. Evaluation of the pathogenicity of multiple isolates of Beauveria Bassiana (hypocreales clavicipitaceae) on rhynchophorus ferrugineus (coleoptera dryophthoridae) for the assessment of a solid formulation under simulatedfield conditions.  Link : imem.ua.es
* GUERRI-AGULLO B., R. LOPEZ-FOLLANA, L. ASENSIO, P. BARRANCO, L. V. LOPEZ-LLORCA 2011. Use of a Solid Formulation of Beauveria bassiana for Biocontrol of the Red Palm Weevil under fiel conditions in Spain.  Link : journals.fcla.edu
* GUERRI-AGULLO B., S. GOMEZ-VIDAL, L. ASENSIO, P. BARRANCO, L.V. LOPEZ-LLORCA 2010. Infection of the Red Palm Weevil (Rhynchophorus ferrugineus) by the Entomopathogenic Fungus Beauveria bassiana. Link : imem.ua.es*
Voir aussi la thèse de JALINAS 2016. Evaluating Beauveria bassiana on Red Palm Weevil Management and Behaviour with accoustic and GIS.Thesis. Un. of Alicante. Spain. Link: tesis_johari_bin_jalinas.pdf
 
EN SAVOIR PLUS
*Tableau simplifié des antagonistes de Rhynchophorus sp.

Groupe
Genre
Espèce
Rhynch Sp
Virus
Cypovirus
sp.
ferrugineus        
Bactéries
Bacillus
laterosporus         
ferrugineus        
 
 
megaterium
ferrugineus        
 
 
sphaericus
ferrugineus        
 
 
thuringiensis
ferrugineus        
 
Pseudomonas
aeruginosa
ferrugineus        
 
Serratia
marcescens
ferrugineus        
Champignons
Aspergillus
sp.
ferrugineus        
 
Beauveria
bassiana
ferrugineus        
 
Fusarium
sp.
ferrugineus        
 
Metarhizium
anisopliae
ferrugineus        
 
 
pingshaense
ferrugineus        
 
Penicillium
sp.
ferrugineus        
 
Trichothecium
sp.
ferrugineus        
Levures
 
 
ferrugineus        
Nématodes
Heterorhabditis
bacteriophora
ferrugineus        
 
 
indica
ferrugineus        
 
Praecocilenchus
rhaphidophorus
bilineatus
 
 
ferruginophorus
ferrugineus        
 
Steinernema
abbasi
ferrugineus        
 
 
glaseri
ferrugineus        
Acariens
Aegyptus
alhassa
ferrugineus        
 
 
rynchophorus
ferrugineus        
 
 
zaheri
ferrugineus        
 
Fascuropoda
marginata
ferrugineus        
 
Hypoaspis
sardoa
ferrugineus        
 
Iphidosoma
sp.
ferrugineus        
 
Parasitis
zaheri
ferrugineus        
 
Rhynchopolipus
rhynchophori
ferrugineus        
 
 
brachycephalus
phoenicis
 
 
swiftae
ferrugineus        
Insectes
Anisolabis
maritima
ferrugineus        
 
Chelisoches
morio
ferrugineus        
 
Euborellia
annulipes
ferrugineus        
 
Platymeris
laevicollis
ferrugineus        
 
Xylocorus
galactinus
ferrugineus        
 
Xanthopygus
cognatus
palmarum
 
Sarcophaga
fuscicauda
ferrugineus        
 
Billea
rhynchoporae
palmarum
 
 
maritima
ferrugineus        
 
 
menezesi
palmarum
 
Megaselia
scalaris
ferrugineus        
 
Scolia
erratica
ferrugineus        
Vertébrés
Centropus
sinensis
 
 
Dendrocitta
vagabunda
parvula
 
 
Pica
pica
 
 
Apodemus
sylvaticus
 
 
Rattus
rattus
 
Extrait de : MAZZA et alii 2014. An overview on the natural enemies of Rhynchophorus palm weevils, with focus on R. ferrugineus. Link :  http://www.researchgate.net/
 
*Autres antagonistes

* Tachinidae (tachinaires)
Cette grande famille de mouches regroupe plus de 10 000 espèces. Les larves sont des parasites d'insectes, d'arthropodes ou d'autres animaux. La femelle dépose ses œufs (un ou plusieurs) sur, à l'intérieur ou encore dans l'environnement de l'hôte. La larve se développe généralement à l'intérieur de celui-ci.
*Biblio Rhynchophorus palmarum
MOURA J I L., TOMA R, SGRILLO R B., DELABIE J.H.C. 2006. Natural Efficiency of Parasitism by Billaea rhynchophorae (Blanchard) (Diptera: Tachinidae) for the Control of Rhynchophorus palmarum (L.) (Coleoptera:  Curculionidae). Link : www.scielo.br
MOURA J I L., MARIAU D., DELABIE J.H.C. 1993. Eficiência de Paratheresia menezesi. Townsend (Diptera: Tachinidae) no controle biolôgico natural de. Rhynchophorus palmarum (L.) (Coleoptera: Curculionidae). Link: www.ceplac.gov.br

 

CURE

L'ASSAINISSEMENT MECANNIQUE
Cette méthode de cure des palmiers infestés permet l’éradication du foyer d’infestation tout en offrant une chance de survie à l’arbre. Il s'agit d'une taille sévère, qui conduit généralement à l’ablation de l’ensemble de la couronne foliaire. Ce genre de taille fait toutefois partie des techniques traditionnelles de culture de Phoenix canariensis pratiquées dans son habitat naturel, les îles Canaries, afin de pouvoir exploiter la sève de l’arbre, laquelle est ensuite transformée en miel. En ce qui concerne les palmeraies de dattiers, des pratiques similaires sont connues dans les oasis pour la production de vin de palme. Il est établi que ces pratiques séculaires n'affectent pas la survie de l'arbre. L’assainissement mécanique rencontre cependant d'autres écueils, dont son coût élevé difficilement supportable pour les petits propriétaires et le fait que chez Phoenix dactylifera l’infestation se fait souvent à la base du stipe. Lorsque l’infestation a atteint un stade trop généralisé, l’assainissement rencontre par ailleurs ses limites, en l’occurrence une forte probabilité de ré-infestation et d’attaques fongiques. Il est nécessaire pour ces raisons de procéder ensuite à un double traitement, insecticide et antifongique.
En savoir plus
Video FR 3 : mise en oeuvre de la technique d'assainissement dans la région PACA (INRA)

L'ASSAINISEMENT CHIMIQUE
Les avancées de la recherche en matière de lutte chimique offrent de nouvelles perspectives pour les palmeraies ornementales, avec l'injection d’insecticides dont la permanence est longue (plusieurs mois). Les insecticides chimiques peuvent ainsi être injectés dans le stipe du palmier, afin qu’ils soient véhiculés par la sève en direction du sommet de la plante. Ce procédé a de plus un faible impact sur l’environnement (l’insecticide restant confiné dans le stipe). Il est particulièrement intéressant au niveau d'une palmeraie récemment infestée, car il permet d'assainir les palmiers en atteignant directement les larves. Il s’agit donc plutôt d’une technique curative bien qu’elle soit paradoxalement présentée comme une technique préventive dans la règlementation européenne. Du fait des blessures qu’elle cause, l’injection est en effet limitée dans le temps. L’idéal serait de ne la pratiquer qu’une ou deux fois et de la compléter ensuite par des traitements d’insecticides par aspersion, et surtout par l’adoption d’une Stratégie de Lutte Intégrée (IPM). Les principaux pesticides qui ont été évalués et autorisés pour cet usage (en Europe et au Maghreb) sont actuellement ceux proposés par la firme Syngenta (voir ci-dessous). D’autres substances sont toutefois utilisées dans divers pays, et leurs résultats mériteraient eux aussi d’être analysés comparativement.
EN SAVOIR PLUS
* Les solutions Syngenta contre les ravageurs des palmiers
Les trois substances mises sur le marché par Syngenta relèvent de protocoles qui diffèrent en fonction des pays concernés, avec des tarifs eux aussi très diversifiés. Leur efficacité n'a pas encore fait l'objet d'une réelle évaluation.
TUNISIELogo Actara Lien vers l'un des sites web de commercialisation de l'ACTARA, un insecticide multicultures destiné au traitement des parties aériennes dans la lutte contre les insectes piqueurs suceurs des pommiers, de la pomme de terre, des cultures légumières, du tabac et des PPAMC non alimentaires. Cet insecticide est aussi destiné à la lutte contre le doryphore sur aubergine, pommes de terre et tomate.
ACTARA est un produit largement commercialisé en Italie, où l'injection est par ailleurs une technique courante. Sa substance active (thiamethoxam) possède une rémanence de plusieurs mois et se diffuse dans le palmier, selon les chercheurs de l'INRA qui l'ont employé récemment à grande échelle à Tunis en 2014. L'injection se fait au moyen de 2 à 4 trous (de 20 à 30 centimètres de profondeur) pratiqués à hauteur d'homme avec une inclinaison vers le bas de 45°. Un injecteur (une simple seringue dite de gavage) est enfoncé dans le trou au moyen d'un marteau ou d’un maillet, puis rempli d'une solution de 2,5g de produit dilués dans 10 cl d'eau. Cette technique d’injection est d’un coût réduit (quelques euros par palmier).
ITALIE : VERTIMEC
Lien vers la présentation de la société GEA : cersaa.it Cet insecticide est largement employé pour la lutte contre les acariens de la courgette, des pommiers, poiriers, fraisier, rosier ou encore contre la mineuse des agrumes et de la tomate.
La substance active du Vertimec est l’Abamectin (ou Avermectin), injectée en dillution (50-100 mL/hL d’eau) pendant la saison de vol des charançons.  Elle est diffusée en Italie depuis 2013 par la Société GEA qui préconise le système espagnol SOSPALM. Il s’agit de l’installation de canules introduites à demeure dans le stipe. Le traitement est mensuel, en alternance avec le Kohinor Plus (Makhteshim Agan – Italia), un mélange à base de ciflutrin et d’imidaclopride, ainsi que des aspersions à la fin du printemps et au début de l’automne.
FRANCE
FRANCE: REVIVE
Lien vers le site de présentation du  REVIVE en France.
L’injection est autorisée en France depuis janvier 2014, avec la mise sur le marché du REVIVE. Il s'agit d'une substance dont la rémanence est elle aussi de plusieurs mois, l'Emamectine benzoate. L'injection se fait au moyen de 2 à 4 trous, de 15 à 30 centimètres de profondeur (mais ne représentant pas plus d’un tiers du diamètre du stipe) pratiqués généralement à hauteur d'homme (mais jamais à moins de 50 cm de la base de la couronne). 50 ml de produit sont répartis entre les différents trous.
MORE (+)
Rapport de l'Anses sur l'expérimentation en cours en Région PACA:  Cavem 2017
*THOMAS R. 2013. L'anatomie des palmiers et les techniques d'endothérapie. Quelles conséquences physiologiques? In: AFPP, Colloque méditerranéen sur les ravageurs des palmiers, Nice –16, 17 et 18 janvier 2013. Link: /www.valhor.fr/
*Une alternative à la perforation : l'effet Venturi. Cette technique d'injection est développée depuis 2013 par l'Université de Padoue (Italie). L'injecteur est introduit par percussion entre les fibres. Voir la video: Venturi. Lien vers la présentation scientifique: www.ncbi.nlm.nih.gov

*Injection en mode permanent: le procédé SOS PALM Cette méthode d'injection est largement diffusée en Espagne et en Italie, sans avoir été réellement évaluée en termes d'efficacité. Site web italien: www.geasnc.eu

 
 

 

 

 

 

 

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