PALM PROPAGATION

NEWS LETTER Juillet 2015
Propagation & biodiversité dans le genre Phoenix
 
Voici une présentation de notre page web consacrée à la propagation des palmiers du genre Phoenix, qui vient d'être mise à jour. Cette page web traite aussi de l'impact du climat et de celui des pollinisateurs, qui peuvent être par aileurs des prédateurs comme le montrent les menaces récentes dues aux ravageurs. En hommage à Jean Christophe Pintaud, récemment décédé, nous publions ci-dessous quelques références relatives à la domestication et à la biodiversité du palmier dattier, notamment en matière d'hybridation et de menaces sur la survie des palmeraies. La version intégrale est en ligne ici: propagation.

NECROLOGIE

Jean Christophe Pintaud Portofino 2011 * Décés de Jean Christophe Pintaud
August 2015 (28) IRD Montpellier
Co-fondateur de ce site web (dont il assurait l'expertise scientifique), Jean Christophe Pintaud vient de décéder suite aux séquelles d'un grave accident. Sa contribution à ce site concernait les recherches qu'il avait impulsé sur la Côte d'Azur (dont il était originaire), dans le cadre du Projet Phoenix. C'est ici qu'il a élaboré une grande partie des protocoles qu'il allait par la suite largement divulguer en matière d'étude de la biodiversité. L'Institut auquel il était rattaché lui a rendu un hommage au cours duquel ses collègues ont rendu compte de l'importance de ses travaux. Extraits.
"Jeune docteur en biologie tropicale de l'Université Paul Sabatier de Toulouse, Jean-Christophe Pintaud est recruté en 2000 par l’IRD comme Chargé de Recherche au sein de l'UR DYNADIV (aujourd’hui DIADE) après des séjours post-doctoraux au Kew Botanical Garden en Angleterre, à l’université de Columbia et au New-York Botanical Garden aux Etats Unis. Après une affectation en Equateur (2002-2007), il était affecté depuis 2012 à l’Université Nationale Majeure de San Marcos (UNMSM) de Lima. Professeur honoraire de cette université depuis 2009, il s’impliquait fortement dans la formation des étudiants. Ses recherches au Pérou portaient sur la dynamique de la diversité et l’évolution des palmiers andino-amazoniens. Mais il poursuivait aussi des recherches sur l’histoire évolutive et la biogéographie de la domestication du palmier dattier, et sur les palmiers d’Océanie. Tout au long de sa carrière, Jean-Christophe Pintaud s'est illustré par son professionnalisme, sa modestie, son savoir encyclopédique et la qualité de ses nombreux résultats. Il aimait transmettre son savoir, et savait en faire profiter un large public, tout en restant un authentique chercheur de terrain. Il a ainsi participé aux expéditions NAPO 2004 et LENGGURU 2014.  Avec ses partenaires de l’Institut de Recherche en Amazonie Péruvienne (IIAP) et de nombreuses universités de province (Ayacucho, Chachapoyas, Cuzco, Puerto Maldonado, Tingo Maria), Jean-Christophe Pintaud avait lancé la création de l’Observatoire de la Forêt Andino-Amazonienne du Pérou (OBAAP) lors de la COP20 de Lima, observatoire qui vient de recevoir le Label Sud de l’IRD. Nous ne manquerons pas de souligner l’excellence de l’approche pluridisciplinaire qu’il a également su développer avec ses collègues des géosciences, en montrant comment la dynamique des écosystèmes pouvait être considérablement influencée par les processus géologiques et climatiques. Ses dernières initiatives, validées et soutenues par l’IRD et ses partenaires péruviens, ouvrent la voie à une nouvelle approche de l’étude de la biodiversité amazonienne, et nous n’en doutons pas, à de nouvelles grandes découvertes." [source: IRD]
 

Hybrid Phoenix roebelenii x dactylifera Peru*L’hybridation dans le genre Phoenix: P. roebelenii x dactylifera
Ill. de Jean Christophe Pintaud (IRD).
Dans les villes d'Amérique du sud, les espèces de Phoenix les plus communes sont P. roebelenii, P. canariensis et P. dactylifera. Il en résulte de curieux hybrides entre l'espèce naine P. roebelenii et les deux autres espèces de grand développement. Des hybrides entre P. canariensis et P. roebelenii ont été identifiés à Medellin et Lima. Cette photo représente la première évidence d'un hybride P. roebelenii x dactylifera, d'après la morphologie (à confirmer par génotypage), dans le jardin public Yitzhak Rabin de Miraflores à Lima (Pérou).

En savoir plus : hybridation
 
*Domestication et biodiversité du palmier dattier (Phoenix dactylifera)
MALEK J.A. and alii 2015. A genome-wide survey of date palm cultivars supports two major subpopulations in Phoenix dactylifera. In: G3 Genes|Genomes|Genetics Early Online. Link: www.g3journal.org
Cette étude a été menée par les mêmes chercheurs du Qatar qui ont récemment décrypté le génome du palmier-dattier. Elle confirme nos hypothèses sur la séparation génétique des cultivars de palmier dattier en deux grandes régions: l'Afrique du Nord et le golfe Persique. Les chercheurs ont procédé à un génotypage par séquençage sur 70 échantillons de cultivars de dattiers, en comparaison avec quatre autres espèces de Phoenix.
En savoir plus : caractérisation

 

 

PROPAGATION

PROPAGATION & BIODIVERSITE DANS LE GENRE PHOENIX
BIBLIOGRAPHIE COMMENTEE
VIDEO : la technique de pollinisation manuelle des palmiers dattiers dans l’oasis de Figuig au Maroc (LE BOURG 2013)
Notre page web consacrée à la propagation des palmiers du genre Phoenix vient d'être mise à jour. Ces palmiers sont qualifiés de dioïques, du fait qu’il existe des individus males et femelles. A côté de la reproduction par graines (on parle de reproduction sexuée), plusieurs espèces émettent aussi des rejets qui peuvent être replantés (on parle alors de reproduction végétative ou clonage). Le palmier-dattier, Phoenix dactylifera, est le plus important des palmiers du genre Phoenix. Il est en effet cultivé, essentiellement pour ses fruits, dans une zone très vaste qui va de l’Atlantique à l’Océan Indien. Dans ces régions arides, il représente une importante source de revenus pour les populations rurales. Les éco-systèmes oasiens jouent par ailleurs un rôle majeur en matière de biodiversité. Le clonage (et sa version moderne la reproduction invitro) est depuis longtemps la principale source d’amélioration variétale, au détriment de la diversité. La pollinisation demeure toutefois nécessaire, mais uniquement afin d’assurer une maturation correcte des fruits. Elle est pratiquée traditionnellement par impollinisation manuelle (et de plus en plus souvent mécanique), en l’absence d’une quantité suffisante de pollinisateurs males dans les régions de culture. La pollinisation agit aussi sur les qualités du fruit. Ces effets sont qualifiés de métaxéniques. Leur compréhension fait appel à la connaissance des propriétés physico-chimiques des pollens et des mécanismes de la pollinisation. La pollinisation est par ailleurs possible entre les diverses espèces qui composent le genre Phoenix. Le domaine encore peu connu de l’hybridation fait l’objet d’une autre page de ce site web. La qualité des pollens n’est toutefois que l’un des nombreux facteurs affectant la fructification. Cette page web traite aussi des mécanismes naturels de la pollinisation des palmiers, dont l'impact du climat et celui des pollinisateurs, qui sont aussi leurs prédateurs comme le montrent les menaces récentes dues aux ravageurs. Elle traite aussi des recherches portant sur la détermination précoce du sexe des palmiers et des techniques de multiplication in vitro de pollinisateurs. L'intégralité de cette bibliographie commentée est disponible ici: propagation

 

 

RAVAGEURS

*Avantages et inconvénients de l’endothérapie : les solutions Syngenta
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Les menaces qui pèsent sur la survie des palmeraies méditerranéennes vont en s’aggravant, avec la diffusion désormais généralisée du ravageur Rhynchophorus ferrugineus. Les recherches ont toutefois progressé sur ce sujet, grace à la mise au point depuis 4 ans de techniques d’endothérapie extrêmement performantes (entre 6 mois et un an d’efficacité). Il s’agit de 2 substances (thiamotexan et emamectine), commercialisées sous divers noms par la multinationale Syngenta. A la différence des aspersions d’insecticides (chimiques ou biologiques) leur impact sur l’environnement est extrêmement limité, du fait qu’elles sont injectées dans le tronc du palmier où elles demeurent. Il s’agit toutefois de pesticides et leur application nécessite des perforations répétées. Ci-dessous 2 articles documentés traitant des limites de cette méthode de lutte.

Impact de l’endothérapie sur la physiologie des palmiers
"Un des moyens de lutte possible contre le charançon consiste à injecter un insecticide après avoir perforé le stipe. …/… Il est [donc] indispensable de connaître les caractéristiques anatomiques du stipe (ou tronc) des palmiers afin de proposer les techniques d’injection les plus adéquates qui permettront aux régions infestées de conserver un patrimoine naturel souvent constitué de palmiers centenaires." Source. THOMAS R. 2013. L'anatomie des palmiers et les techniques d'endothérapie. Quelles conséquences physiologiques ? In: AFPP, Colloque méditerranéen sur les ravageurs des palmiers, Nice –16, 17 et 18 janvier 2013. Link: www.valhor.fr
Une stratégie limitée à l’éradication
"En ce qui concerne l’endothérapie chez les palmiers, et notamment ses conséquences physiologiques, l’emploi de cette technique dans la lutte contre divers ravageurs et maladies chez différentes espèces de palmiers est ancien et très important. Les données empiriques existantes sont nombreuses et ne se réduisent pas à la seule dimension cellulaire. Il faudrait aussi prendre en compte les conséquences physiologiques et macro-anatomiques bien connues au niveau du palmier lui-même. La majorité des auteurs qui ont publié sur l’endothérapie chez les palmiers n’ont signalé aucune conséquence physiologique ni anatomique. Nous considérons toutefois que le recours à de tels traitements n’est utile et justifié que dans des conditions extrêmement précises : – d’abord à condition que le recours à cette technique ne soit autorisée que dans le cadre d’une stratégie d’éradication collective conçue et organisée pour aboutir en deux-trois ans …/…- que les substances chimiques utilisées soient à longue persistance d’action pour réduire au minimum le nombre de trous d’injection". Source. GOMEZ-VIVES S., FERRY M., ESTEVEZ A. 2011. Endotherapy in palms. Study of the efficacy and persistence of thiametoxam (Actara) in preventive treatments against the red palm weevil. In: ESA Annual Meeting, Reno (USA) 2011, 26p. Link: shaham.moag.gov.il
En savoir plus sur la lutte contre les ravageurs des palmiers: menaces

 

BIODIVERSITE

*Arts, sciences & biotechnology : la 6ème extinction de la biodiversité est en route
La Terre a déjà connu cinq extinctions de masse en matière de biodiversité. Les scientifiques estiment qu’une sixième est actuellement en cours. A la différence des précédentes, elle serait d’origine humaine. La domestication des plantes remonte à une très haute antiquité dans le monde méditerranéen, avec pour corollaire une forte érosion de la biodiversité. L’essor récent des biotechnologies a fortement contribué à l’accélération de ce processus.
Lire la suite sur notre page web : art.listephoenix.com
*Le cirque Archaos en tournée avec "In vitro" © Culturebox
"In vitro", le dernier spectacle du cirque Archaos, évoque la fécondation artificielle.
*Introduction to Pollination by April Neander
This animation is meant to be a basic introduction to pollination and flower anatomy in a traditional botanical illustration.

 

BIBLIO

*Nos bibliographies en ligne
WEBSURWEY 2015
Publications en accès direct depuis 2012
Une 50aine de publications recensées pour ce premier semestre 2015 sont disponibles à cette adresse: web surwey
MENACES 2015
Bibliographie en accès direct depuis 1995
Notre page ‘Menaces’ offre désormais un état des lieux sur le transfert en cours du ravageur des palmiers, Rhynchophorus ferrugineus, vers de nouvelles cibles: menaces

 
 

 

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